lundi 9 avril 2012

Deux mains, un massage en cadeau


Elle se positionna pour l’accueillir derrière elle, assise sur ce canapé très large, sur la partie méridienne, offrant son dos, sa nuque, ses reins à ses mains.

Il prit son temps, lui ouvrant un peu de son monde, partageant une exposition récente, quelques idées d’écriture, une activité artistique, des repas et des dégustations plus anciennes, des lieux réels et des aventures dans des livres, des lectures, encore de l’écriture. Emma lui avait parlé de cet exutoire que John cachait, et ne révélait que très peu aux autres. Il devait avoir confiance.




Il massait ses épaules, une à une, lui proposa de s’allonger sur le ventre, pour mieux appuyer ses gestes, muscles après muscles, zones après zones. Il cheminait sur son verso, passant parfois sur ses reins, caressant la peau à travers la combinette si fine.

Massage qui les emmenait dans la nuit.


Elle fermait les yeux, pensait à tout, à rien, à cet objet dans sa main gantée,  lourd et bientôt en elle.





Massage qui continuait, un dialogue avec les mains, elles faisaient probablement partie de son cadeau. Emma lui offrait ce partage, mais elle lui imposait aussi un inconnu, si vite, pour une fois, elle n’avait pas choisi sa proie, son mâle pour un soir, pour quelques semaines, quelques mois. Elle consommait à sa guise, ne donnant que très peu de sens aux battements de son cœur, avec une froide relation avec les hommes. Elle s’était battu pour devenir indépendante, fière de son business, de son statut de responsable de son entreprise, elle était une femme libre, sans amour, qui choisissait son destin. Elle ne voulait aucunement d’une relation qui lui donnerait des contraintes, qui lui ferait perdre le contrôle. Sûre d’elle, elle dévorait son entourage, ouvrait sa porte uniquement au gré de son pouvoir sur une nouvelle cible.





Certes le temps passait, elle n’avait pas construit de famille, du moins ce noyau apparemment obligatoire avec quelques enfants, un ex-mari,  une pension alimentaire, des soucis. Elle jouissait de son pouvoir, surtout de son indépendance. Les limites étaient celles de ses désirs, elle savait s’ouvrir aux autres, goûter, tester, détester certaines aventures, mais son corps, chaque partie de son corps lui appartenait, sous ses seules décisions. Ce soir, elle avait choisi des morceaux du puzzle, mais Emma avait rajouté d’autres pièces, gourmandes, pour troubler quelques heures, dans la nuit sourde, dans ce noir envahissant, jouant des ombres avec les quelques lumières. Elle se laissait happer par ce cadeau vivant, loin des gigolos que parfois elle avait payé pour son plaisir.


.... à suivre ...

JohnSteed

dimanche 8 avril 2012

Cadeau scintillant


Elle redevenait adolescente curieuse et capricieuse devant ses paquets, elle oubliait sa rigueur habituelle, son instinct de protection, de domination envers les autres. Elle sortit un bracelet composé de divers rangs de perles, fines.
« Pour glisser sur votre gant. » suggéra John.

Elle prit le temps d’enfiler ce gant, doux en intérieur, doux en extérieur, reflétant les lumières alentours. Elle passa les six rangs de perle dessus, devenant instantanément plus glamour.




« Je suis prête pour le bal. »
« Avec une longue robe noire, ou une courte robe tutu peut-être. » ajouta-t-il.

Elle avait le second gant, il contenait un objet plus lourd, plus rond, elle le déposa sur le papier de soie. Enfilant calmement l’autre gant, elle avait pris conscience de ses cadeaux d’anniversaire, de la présence diffuse d’Emma, d’une simple rencontre devenue amie, de cet homme presque inconnu près d’elle.

Un cadeau original, dans le sens de sa vie, de sa complicité érotique avec Emma, une poire de métal de quelques centimètres, surmonté d’un œillet décoré d’un brillant prune. Les éclats, les reflets étaient partis vers les murs, jouant des différents éclairages.




« Emma me gâte, nous en avions parlé rapidement ensemble, au gré de nos confessions intimes, de nos regards croisés sur la volupté, le pouvoir de nos sens. C’est une délicieuse attention, un bijou peu commun. »

Un silence, l’objet entre ses doigts, dans les yeux de John.
« Et pour moi, une première fois ! »
Elle marqua une pause, définitivement libérée par ce début de soirée. 

John attendait, croquant dans les petites mignardises disponibles, laissant le moelleux fondre dans sa bouche, pleine de saveurs extérieures. Il aimait ce parfum de miel, le sien, sur ses doigts, encore imprégnés. Il la regardait estimer son dernier cadeau.

Elle croquait elle aussi, buvait par petites touches, goûtant le premier puis le second champagne. Assumant cet épicurisme total de mets, de vins, de chair et de lingerie fine. Un feu d’artifice pastel, sans explosions sonores mais avec tant de palpitations, de surprises.




Rarement elle avait ressenti cette proximité dans le choix, dans la manière, comme une lecture de ses envies, naturelle. Elle savourait ce monde au ralenti, elle n’avait pas d’objectif ni d’engagement particulier dans cette soirée. Elle ne le souhaitait pas, pour la première fois depuis longtemps, elle prenait le temps de découvrir, de se découvrir réellement.


« Voulez-vous un massage tout en discutant ? »
« Souhaitez-vous un essayage de ce bijou ? Ensemble. »


....à suivre ...

JohnSteed