Elle était là, nue, les pieds sur ce plateau de métal froid, il prit le temps de faire le tour, intégralement de sa nudité. Plus il avançait, doucement, comme un chat, plus elle se redressait, fière, assumant encore plus sa féminité, ses seins, ses fesses, ses jambes. Elle replaça une mèche de cheveux, elle avait encore quelques bijoux sur elle, une manchette dorée qu'elle adorait.
John mémorisait, numérisait en trois dimensions les courbes de cette femme, il la sculptait en son fort intérieur, centimètre après centimètre.
Sa nudité était accessoire, son corps de femme s'exprimait à l'esthète. Quelle belle femme !
Il se tourna, revint vers elle avec un serre-taille en dentelle quasi transparente, avec six belles jarretelles soyeuses, brillantes avec leurs attaches de métal. Il le posa, en quelques secondes sur ses hanches, comme un coup de pinceau sur une toile. Elle n'avait rien senti, juste une caresse de plus sur ses fesses. Cet homme était intriguant, plutôt magicien que libertin, aucunement croqueur de fesses, plutôt dégustateur d'amuses-fesses. Elle rit face à ce caresseur avec les yeux, avec les mains très probablement.

Il l'enveloppa dans un corset, d'un geste rapide sûr, il le tenait, accrochait les attaches sur son ventre, entre ses seins,délicatement. Puis il passa ses mains sous ses seins avec une infinie douceur, comme en apesanteur, il souleva la volupté, la chair de femme, cette sensuelle lourdeur remplie de soie, immensément douce en intérieur, en sensation, comme incroyablement sensible en extérieur. Il plaça ses seins dans le galbe du corset, pour ne pas la compresser hâtivement. Il caressa une fesse, il était derrière, et du haut, du bas, il resserrait le corset, les liens, doucement, très doucement, fermement aussi.
Jamais elle n'avait ressenti cette palpitation, ces palpitations pour ce bien-être, cette bulle où elle était soudainement choyer. Rien ne semblait préparer quand elle était arrivée, ou tout l'était, elle s'interrogeait. Il serrait un peu plus, ajustant au souffle de cette inconnue, de cette femme libre venue pour partager des plaisirs charnels avec lui. Si différent !
Elle sentit la fin du serrage, un main sur sa fesse gauche, et un voile fin, une étole de fine soie et cachemire sur ces épaules, comment sentait-il le possible froid qui la parcourait, comment la percevait-il aussi précisément, sans la connaître. Juste ce dîner, il y a des semaines. Un repas, une discussion souriante, animée, coquine et câline, il était différent et attractif. Le chaud enveloppa le haut de son corps, son cou, le dessus de sa gorge, ses bras, elle caressait le tissu avec ses mains.
Il lui sourit, passa sur le côté et d'un geste précis, elle était dans ses bras, envolée du métal froid, de ce repère dimensionnel, elle volait vers le canapé, vers une méridienne plus exactement.
Elle se posa dans le velours bordeaux, chaud, doux en allongeant ses jambes. John revenait déjà avec un plateau présentant d'une part des cannelés, d'autre part des pochettes de bas nylon. Un choix qu'il lui proposa de choisir.
Des bas nylon actuels, des dernières marques miraculeuses qui produisaient des diamants de quelques grammes en fin voile, mais aussi des pochettes anciennes. Un jeu de couleur allant du gris clair en passant par du chair très clair, très brillant, du noir, du rose, et d'autres teintes. Elle cherchait, croquant le cannelé. Il venait de poser ses chaussures sur la table, ses escarpins.
Elle choisit des bas rouges, la couleur de son libertinage, de sa fantaisie, des précédents bas. Mais lorsqu'elle ouvrit la pochette plastique, elle comprit enfin cette sensation extrême. Les bas , véritablement en nylon cristal, étaient si fins, qu'ils coulaient entre ses doigts. Totalement fluides, ces bas étaient une seconde peau à étaler sur ses jambes, un liquide insoupçonné de sa part, une finesse inégalable.
Il prit l'un d'eux, souleva sa jambe, et en deux secondes il avait retroussé le bas pour lui glisser sur les orteils. En quelques secondes, d'un geste précis, il tira, poussa avec ses pouces, glissant sur sa peau, derrière le nylon, étirant le bas. Elle n'avait jamais ressenti cette sensation, ni avec un collant, même les plus fins, ni avec des bas jarretières, ni avec aucun accessoire de mode, pour cette douceur enveloppante, devenant charnel autour de sa cheville, de son mollet, de sa cuisse.
Là d'ailleurs, il ajusta, en quelques tours de mains, les attaches des jarretelles, tendit celles-ci malgré sa position, ni trop peu, ni pas assez.
Il fît de même avec sa seconde jambe, avec ce second bas, avec cette sensuelle caresse qui maintenant l'enveloppait des orteils jusqu'aux cuisses. Les revers noirs, oui surprise, noirs sur le rouge, étaient doucement satinés, luisaient avant sa peau, avant son intimité toute proche. Il avait ajusté aussi ses talons sur ses jambes. Elle aimait cette douceur, cette séance d'habillage qui l'avait rendu plus féminine.
Elle comprenait ce jeu de déshabillage, cette tenue qu'elle avait déjà portée, qu'elle aimait, dont elle appréciait les touches rassurantes, mais elle comparait maintenant les sensations, démultipliées. Par la nouveauté peut-être, mais par cet art subtil des matières, de la noblesse des véritables bas nylon, de cette douceur exceptionnelle, et cette nouvelle explosion en elle de sensations tactiles. Elle voulait se lever, se voir dans le miroir. Il l'en empêcha.
Il lui souleva les deux jambes d'un coup léger, sans résistance, elle bascula en arrière sur les coussins en soir de cette méridienne. Les fesses offertes, les jambes en chandelles, il tourbillonna autour d'elle pour glisser une culotte vaporeuse de dentelle rouge, comme une fumée, une vapeur.
Puis il l'aida à se mettre droite, les talons au sol, debout. Elle se vit enfin, nouvelle femme, un reflet, et ses mains à lui, celles de ce John qui ajustait une dernière fois les jarretelles, remontant sa culotte. Ses deux mains sur ses deux fesses.
Elle sourit.
...à suivre....
Le début de ses épisodes est ici :
Mr Steed