mercredi 6 mars 2013

Compter les mots dans le texte

J'avais joui encore une dernière fois, quand il avait enfoncé ses doigts en moi, toujours plus. Mon sexe devenait mon esprit, je n'avais plus aucune limite, relâchant toutes mes barrières, me donnant à lui, plus encore à ses coups de langue et ses phalanges expertes et intrusives.


J'avais pris totalement mon pied, franchi les premières marches vers un paradis, car j'avais vécu ce moment, en libérant mon corps entièrement, pour lui, non plutôt pour moi, car lui oeuvrait en moi, pour moi, vers moi.





La couverture de cachemire et de soie me recouvrait, j'étais allongée sur ce canapé de cuir, qui avait pris la chaleur de mon corps. J'étais bien, les lumières, ce  miroir qui avait vu ma transformation en femme aux dessous chics, des tableaux, des livres un peu partout, des tables basses, de larges tasses de thé, du citron, des madeleines. Quelle heure était-il ? la nuit montrait son noir manteau au dehors, la chaleur m'enveloppait.

John sourit en arrivant à pas de chat, discrètement. Il déposa une large coupe sur la table, elle contenait des perles, des dizaines, des centaines, des milliers de perles grises, de couleur de l'hématite, de tailles différentes. Un joli reflet des bougies sur la table sur le verre, sur les perles souriantes elles aussi.

Je respirais, sereine et libérée comme après l'amour, comme après un très bon moment, un coin de rêve dont on ne veut sortir. Planer était l'état actuel, pourtant sans drogue sauf celles secrétées par mon corps, mon bonheur intense intérieur. J'étais bien dans mon corset, libre et libérée dans mes bas nylon, un cocon de sensualité autour de moi.



Il me déposa des bises, sur les cheveux, sur les mains en me donnant une tasse, un gâteau. Les longs colliers de perles, coulaient de la coupe vers la table. Une belle décoration, comme le reste de cet appartement, un lieu où les objets vivaient, communiquaient, étaient placés pour être caressé du regard, des mains en passant. Un goût juste, avec une recherche entre modernité et classicisme, un salon de gentleman anglais, un coin de club pour lire, discuter, et plus apparemment. Notre discussion était ponctuée de silences, je rêvais encore, non pas à cet homme, je pensais au mien, mais je ressentais les souvenirs qui venaient de se dessiner en moi, avais-je dormi ?

Probablement car il me manquait une tranche de temps, entre mes cuisses écartées, ma cambrure extrême, mes cris, mes larmes, et ce plaisir explosif. J'avais dû sombrer dans les limbes de la surdose d'hormones personnelles d'extase.



John croquait une madeleine, en deux bouchées, pour saturer sa bouche de saveurs me dit-il. D'une autre main, il faisait défiler les perles, sur la table en verre. Des centaines, de quelques millimètres de diamètre, à près de trois centimètres, elles brillaient, il les passait vers son autre main, celle qui venait de soulever le plaid de cachemire.

Là doucement, sans voir, juste ressentir, il enfila des perles, l'une après l'autre, des colliers entiers en moi.

Oui délicatement, il poussait les perles dans mon sexe ouvert, elles se roulaient sur elles-mêmes. Encore !

Il passa sous une jarretelle, ma peau transmettait les tressaillement de chaque ronde entre elle et l'élastique, vers ma vallée enchantée, le long de mes lèvres, entre elles.


Je buvais, je bougeais peu, et je voyais son jeu, encore, encore un collier disparu, entré en moi. John en glissa un entre mes seins, dans le corset, plongeant ses doigts entre mes deux rondeurs comprimées. Deux perles sortaient encore, emprisonnées par ma volupté. Puis il passa sa main, ses deux mains sous les bas nylon, retirant ensuite ses doigts, tirant de chaque côté un collier de perles, développant les sensations entre moi  et les matières, enfonçant les bouts de chaque collier en moi.


Il ajoutait ses doigts, tassait ou jouait, je ne sais, mais je ressentais maintenant mon sexe rempli, les glissades des perles les unes sur les autres. Encore en  moi !

Il sélectionna deux longs colliers sur la table, les tria, les aligna d'une main, devant mes yeux, son autre main ailleurs. 






à suivre

Le début de ses épisodes est ici : 

M. STEED


samedi 2 mars 2013

Oublier le décor, jouir !

Jouir encore, voilà qu'elle repartait dans une belle envolée. Retenant un peu son souffle, maîtrisant les spasmes de son propre plaisir. Elle jouissait, non par magie, non pas à chaque fois, d'ailleurs elle ne savait rien de ce qu'ils allaient partager ce soir-là, elle vivait chaque instant. Ce n'était pas un surhomme, juste un homme, juste une bouche d'ailleurs, mais il avait entamé une symphonie en clitoris majeur, avec des trémolos au bout de la langue. 

Aussi avait-elle retenu, un peu, inconsciemment avant de découvrir qu'elle pouvait se laisser aller, qu'elle pouvait lui donner une part de sa confiance et plus encore une partie de son corps, son intégralité. 




Les sensations comme celles-ci étaient rares, elle était venue pour un moment libertin, pour dépasser les plans baise partagés dans le passé, avec des hommes, dans des plans candaulistes, qui la satisfaisaient, elle et son mari. Cela faisait partie de leurs envies. Mais ce contact brut, elle l'aimait car c'était sa référence. Elle attendait d'un homme, de plusieurs hommes qu'ils dévorent son corps, sa féminité, plutôt même sa sexualité,  ses orifices sexuels avec force et puissance. C'était plus un combat de chair, une volonté directe et sans compromission. Elle prenait leurs brutalités, leurs mains, leurs sexes, leurs coups de reins comme une validation de son existence de femme fatale. Avec ses rencontres, elle était encore en position de dominer, elle était celle qui recevait leurs semences, leurs masculinités érigées, leurs barres de chair, elle n'était pas la soumise mais l'amazone vainqueur. Elle régnait sur cette sueur, sur leurs faiblesses après leurs jouissances, elle paradait dans ce cirque de muscles et de râles.





Puis un jour, elle avait croisé cette femme en sensibilité, ce couple, cet homme délicat, des jeux de langues, de caresses, de massages. Rien que de l'harmonie entre eux, des émotions à fleur de peau qu'elle avait eues du mal à analyser comme frustrée la première fois, en repartant dans la voiture, sans sentir les courbatures dues aux habituels coups de rein. Un manque était là, puis elle avait compris en échangeant avec cette nouvelle amie, que c'était peut-être un autre chemin vers des plaisirs, d'autres concertos.


John était apparu à l'horizon, dans un hasard de bouches à oreilles, entre amies et amis.

Ce soir, elle savourait cette langue, cette bouche, son sexe, sans être forcée, sans à-coups. Il avait ajouté des doigts, retiré son pouce, variant entre deux sensations fortes, entre deux loopings de jouissance, variant avec sa langue dure, avec ses aspirations complètes de ses petites lèvres, abusant de douceur, encore et encore. Elle avait lâché prise et cela plus encore, elle le faisait si peu. 

Surtout à ces instants-là, il n'avait pas pris une position de domination dans leur duo, il était resté entre ses cuisses, alternant des petits silences, des moments calmes, insidieux pour la laisser reprendre son souffle, respirer lentement, puis avec un sourire, un baiser sur son sexe, il avait remis des doigts, ici et là, appuyant jamais trop, poussant le bonheur de lui donner encore du plaisir. 





Qu'attendait cet homme en retour ?

John reprit ses glissades, ses suçotages et prît encore un malin plaisir à lécher en longueur, ici dans la vallée des délices, à côté sur le haut des cuisses, sur le mont de Vénus. Encore.

Elle vibrait encore, une lente montée sur la montagne russe, avant le grand saut, se libérer, tout relâcher, vivre cette soirée, jouir.





à suivre

Le début de ses épisodes est ici : 

M. STEED