samedi 1 avril 2017

Sublimer 2/2


John frottait son allumette, une étincelle, une petite flamme qu'il apporta sous les sarments de vigne préparés dans l'âtre. Flamèches, flammes diffuses puis doucement chaleur et lumière dansante dans la cheminée, il ajouta deux belles bûches sur le tout, le feu prenait son essor.

Emma regardait devant elle la table basse en verre, ressentait déjà la température changeante sur sa droite. Elle avait tellement envie de lui, depuis leur arrivée à cette exposition, cette force entre ses jambes, ce besoin profond d'être comblée. Il lui tendit quelques tapas de fines viandes séchées et de fromages, des légumes croquants avec une pointe de piment. Elle savourait, lui ouvrait la bouteille, après avoir essuyé délicatement les gouttes d'eau fraîche provenant du seau de glace. Le plop sourd d'un bouchon, deux flûtes, de la mousse et des bulles par centaines. Le parfum léger du vin, les arômes, ils trinquaient sagement, sans mots. Les lèvres rouges déposèrent une trace sur le cristal, elle bût un peu, sourit, un peu plus, encore plus, reposant sur le parquet sa flûte vide. Le champagne comme clef libérant la dernière porte de ses envies, elle se glissa plus en avant, les jambes bien écartées. Ouverte pour lui. Maintenant !







John sourit, s'agenouilla du côté gauche, laissant la cheminée dans son tourbillon de jaune, de rouge, de craquements et de chaleur soufflée. sa main glissa sous le genou, sur le nylon. Les jambes repliées, les petits plis complices, il les frotta, insinua son toucher pour se combler de cette finesse. Les premières phalanges s'intercalaient dans le creux de la jambe, caressant et chatouillant justement pour amplifier la sensation, sans dépasser la frontière de l'insupportable. Il frôlait de son autre main le haut de cuisse, la chair tiède. Dorloter cette peau si sensuelle, si sensible aussi en remontant vers l'entrecuisse, en dévalant vers la vallée des délices. John croisait ses mains sous la jambe pour caresser encore et toujours ce nylon noir, soulignant la couture, la ligne de suivi vers les courbes, sur la jambe vers plus de douceur.

Emma se cala, ferma les yeux, ressentant les doigts, multiples, nombreux, présents juste pour elle. La cheminée soufflait sa chaleur vers son corps qui s'enflammait graduellement. Il effleura son mont de vénus, quelques millimètres de poils fins, frissons assurés. Longeant la peau lisse, il avançait vers ses lèvres déjà humides. Un arrêt, deux doigts complices, deux pressions différentes sur la peau lisse, l'autre frétillant parmi les poils, électrisant les centimètres, il patientait pendant que sn autre main remontait sur le nylon, en dessous, vers le recoin du cuir et des fesses. Là, deux doigts aussi, rien de plus, un attouchement quasi imperceptible, juste lui, la fine soie de sa peau, de la pulpe sensible d'une phalange experte. En attente, soufflant sur l'envie pour lui demander d'exprimer par quelques mots d'aller plus loin. Quelques centimètres vers cet entre-jambe impatient.

John sourit, glissant ses ongles satinés sur l'épiderme excité. Il ferma lui aussi les yeux, pour rentrer dans la bulle de fragilité de sa belle, pour faire corps avec son attente, son corps tremblant de vouloir plus. Il glissa, serpenta et d'un mouvement sentit ce grain de riz fragile sous le plissé de chair, haletant. Elle se cambra aussitôt. Il déplaça son duo digital si peu, encerclant délicatement ce clitoris livré à lui. Renouvelant sans vitesse, avec des pressions infimes, sages, répétées, arrêtées suivant le souffle de celle qui s'abandonnait. Encore, toujours, sans prendre conscience du temps, plus de secondes, plus de minutes, juste de la passion, Juste de l'amour fusionnel, Avec elle.






En elle aussi, car l'autre main remontait les grandes lèvres, par demi-millimètre, sans autre volonté que de s'imprégner d'elle un peu plus. L'odeur de ces coups de rein, de ses jambes ouvertes, de coeur offert à un besoin sensuel profond, cette liberté exploratoire, il fusionna avec Emma, entra en son intimité, si lentement qu'elle aurait pu croire qu'il était par d'elle-même. Intercalés dans les plis, dans l'humide et les fluides, glissés avec le rythme d'un clitoris allié, enfoncés soudainement par la main d'Emma qui en voulait plus. Tous les phalanges dans un fourreau soyeux et détrempé, elle transpirait toutes ses envies. Sans limites, elle se liquéfiait comme rarement, prise dans le jeu de cet homme qui l'aimait tant, lisait en elle son plaisir. John prolongea ses vibrations infimes sur ce gland minuscule et si infiniment féminin, tout en enfilant un troisième doigt dans cette grotte magique, voluptueuse de désirs.

Il embrasse ce corps, écoutant les deux coeurs en harmonie, amplifiant le bouillonnement des pulsions libérées par Emma. Un lâcher-prise dont il ne contrôlait que le ying et le yang pour monter vers la jouissance, pour remonter encore. Un hédonisme absolu, pour la voir se sublimer.





M. STEED





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