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lundi 25 avril 2022

Initiation - première étape

 Lecture de multiples rapports, rédaction d'autres synthèses, il naviguait au gré des heures du jour et de la nuit, pendant que le printemps après avoir embelli de milliers de fleurs les deux cerisiers du jardin, libérait maintenant les premières feuilles vertes. Lui travaillait encore et encore, ne regardant plus les horloges au mur, ne voyant pas les journées se finir. 

Heureusement sa bonne amie, une dame à particules, souvent surnommée "la vicomtesse" à demi-mots lui avait laissé un message. Une amie lui avait présentée une jeune femme, souhaitant devenir libertine pour son plaisir personnel, mais  manquant apparemment de vraies références. Elles avaient pris le thé ensemble, pour discerner la naïveté d'une réelle curiosité, et surtout chasser l'éventuelle jeune maîtresse poussée aux vices par un amant fantasmeur. Ainsi elle lui demandait de faire une pause, de sortir de ses rapports ennuyeux, de reprendre goût à la vie charnelle, mais dans ce cas précis, elle voulait qu'il la guide dans sa féminité "visible mais aussi invisible". Tels étaient les derniers mots du message.

Quittant son bureau, dans sa demeure bourgeoise, il alla préparer un grand thé fumé dans la cuisine. L'endroit était froid depuis qu'il ne prenait plus le temps d'organiser des soirées, des dégustations de petits et grands vins. Les volets étaient encore clos en ce milieu d'après-midi. Il n'eut pas la volonté de les ouvrir. Sous l'éclairage led, il laissait infuser les feuilles noircis de ce thé rapportée par une amie vietnamienne, une merveille de force et de saveurs fines. Il eut soudainement les souvenirs de sa robe de soie naturelle dans sa mémoire, de l'odeur de sa peau, celles de ses lèvres et du thé savouré au même instant. L'horloge de l'entrée sonna les cinq coups, elle ne devrait pas tarder.



La vapeur s'échappait du col de théière, il posa le plateau dans le boudoir bleu, sur la table basse, proche de la méridienne de velours bleu canard. Le carillon de la porte sonna. Il sourit et s'avança vers la porte partiellement vitrée. Le haut était un vitrail d'inspiration renaissance qui laissait apercevoir les bustes, mais il avait fait ajourer le bas pour laisser les jambes jouer de leurs contours et ombres à travers un autre vitrail moderne de plusieurs teintes de gris. Ainsi il avait de suite un coup d'oeil sur le corps de la personne derrière cette porte floue.

"Bonjour Monsieur, je suis Coraline. La Vicomtesse m'a indiquée votre adresse pour un rendez-vous."

"Bonjour chère Coraline, veuillez entrer loin de cette pluie fine."

Elle avait fait quelques pas dans ce couloir, cherchant un recoin pour poser son parapluie mouillé. Il lui proposa de le prendre ainsi que son long trench marqué par ce printemps chagrin. Elle jetait ses yeux sur tous les éléments de décoration, les couleurs des murs, la chaleur des boiseries, le froid impeccable des carreaux au sol, les peintures modernes et quelques sculptures, mais aussi le vide complet deu moindre meuble dans cet alignement.

"Je vous propose un thé, ne changeons pas les habitudes, comme avec celle qui vous envoie ici. Suivez-moi vers le salon bleu." 

Coraline entra, vit la théière, les tasses, quelques mignardises et des chocolats noirs. Il la guida vers la méridienne, prenant pour sa part le grand fauteuil club. 

"Votre motivation semble totale, la Vicomtesse m'a rappelé avant votre venue pour me parler de votre échange. J'ai ainsi un bout du contexte de votre venue auprès d'elle. Apparemment une amie commune vous aurait parlé de nos moments de dégustations sensuelles." Il sourit, elle rougit. 

"Oui, j'ai une envie, comme un besoin profond de me libérer sensuellement, sexuellement, de m'épanouir dans un monde libéré de tous jugements. Mais avec mille ingrédients, avec de nouveaux menus, et des plats préférés." Elle sourit  son tour. "Je voudrais apprendre, comprendre, tester pour mieux goûter ensuite, combiner les épices pour mieux les apprécier. Et rassurez-vous, je ne suis pas vierge de tout cela." Elle commençait doucement à se libérer, se rassurant elle-même de ce lieu et de cet inconnu face à elle. 

La pièce était une composition de bleus multiples, avec juste un fond crème entre les commodes et les portes formant armoires encastrées dans les murs. Deux fenêtres donnaient sur le jardin, où malicieusement les fleurs présentes étaient bleues. Du velours bleu canard pour les deux méridiennes, du cuir bleu nuit recouvrant les meubles, du cuir patiné sur les fauteuils, des coussins nombreux avec des variantes de pastelles ou bleu électrique, le lustre du plafond brillait de lumière blanche, avec des pampilles de verre bleu réfractant des touches sur les murs clairs. 

"Savez-vous ce qui vous amène ici ?"

"Non, Madame semblait y tenir particulièrement, elle a envoyé son email devant moi, à la fin de notre rencontre. Elle m'avait longuement interrogé pour connaître mon histoire, surtout mes envies. Nous avons évoqué aussi les pratiques, celles que je pourrai découvrir, d'autres encore, pour mieux cerner mes nouvelles envies. Madame m'a expliqué certaines règles, certains désirs de sa part si elle m'initie. J'ai répondu à ses questions, j'en ai posé aussi, beaucoup. Ce fût un moment agréable et étonnant."

"Etonnant en quoi ?"

"Ce n'est pas commun de venir chez une femme, une amie d'amie, pour lui parler dès la troisième phrase de sexe, de clitoris, de jeux entre adultes. Ce n'était pas ma psy, mais je lui ai finalement tout dévoilé. Verbalement je m'entends."

"Et bien nous allons continuer ensemble, mais avec une mise à nu plus complète."

Il l'observait depuis son arrivée, son regard d'esthète se réveillait, endormi depuis des semaines. Elle était là, face à lui, habillée. Juste pour le plaisir des yeux. Voyeur, fétichiste, épicurien, jouisseur et tant d'autres adjectifs que la vicomtesse aurait pu lui attribuer, mais elle n'avait rien dit à cette jeune trentenaire, sauf une adresse, une personne de confiance.

"Vous êtes un artiste ? peintre ? sculpteur ? non ?"

"Si je devais l'être, je serai plutôt photographe, directeur artistique d'une collection de féminités."

Elle rit, ne comprenant pas le sens ambigu de ses mots, mais ainsi plus libre de se donner dans cette échange. Lui l'observait avec sa tasse chaude dans les mains fines. Il savait ce qu'il allait devoir changer, détails après détails.

"Madame m'a dit de venir dans le tenue que j'avais chez elle."

Coraline était donc habillée d'un pantalon très moulant sur ses fesses, assez large dans le bas pour couvrir des bottes. Il avait fait cette différence en la voyant s'asseoir. Un pull noir ample mais suffisant bien taillé pour s'envelopper autour de sa poitrine. Un joli bonnet C sauf si elle trichait avait-il pensé. Des cheveux mi-longs, brune naturelle avec des très  légers reflets roux. Un maquillage sobre mais trop marqué sur les joues, une surenchère très à la mode sur la taille des sourcils et des faux-cils. La vulgarité pointait presque son nez sauf pour sortir dans une boîte de nuit en ajoutant un gloss sur les lèvres. Il sourit de cette dérive douce en voyant son souffle sur la tasse de té trop chaude. Elle se sentait scruter, elle perdait son assurance face à ce silence.

"Le thé peut attendre, levez-vous chère Coraline. Et retirez-moi ce pantalon. Là. Maintenant." C'était une voix douce, chaude mais directive qui arriva jusqu'aux oreilles de la jeune femme.

"Je ... je dois ... je suis un peu perdue."

"Posez cette tasse, laissons le thé refroidir sagement, il serait meilleur tiède. Mais comme je viens de vous le demander. Retirez votre pantalon."

Elle se leva.

"Parmi les règles, il y a que vous ne porterez pas de tenues, de pantalons."

Elle défit les boutons élégants, joua du zip latéral, libérant ses hanches. Laissant glisser ainsi le pantalon vers ses cuisses, soudainement reprenant conscience d'être face à lui, elle stoppa comme pour se couvrir le sexe avec ses bras. "Je ne porte pas de culotte."

Incrédule dans cette phrase face à cet homme dont elle ne connaissait ni le nom, ni le prénom. Face à cet inconnu.

"Je respecte la règle que Madame m'a répétée plusieurs fois, en me précisant les exceptions."

"Elle ne vous a pas encore tout dit. Mais si certaines règles vous surprennent, voire vous choquent, elles deviendront des évidences dans la pratique. Vous êtes ici pour être accessible. Toujours accessible à vos plaisirs, à tous les plaisirs."

Elle fit tomber le pantalon à ses pieds, souleva ses bottes et le posa sur le bout de la méridienne, comprenant qu'il ne lui serait pas utile, plus utile. Debout dans un collant semi-opaque noir impeccable, elle semblait perdue. 

"Vos bottes ont une jolie coupe, un peu cavalière, dans un cuir épais, un bon point dans votre tenue. Toutefois, je vous propose de les retirer. Non que je ne veuille les voir sur vos jambes mais il y a une règle encore à respecter."

Elle s'assit, il la dévorait des yeux tout autant que ce cannelé croquant sous ses dents, moelleux et presque suintant de rhum intérieurement. Sa bouche s'emplissait de bonheur, autant que ses pensées découpaient avec envie ce corps pour les prochaines étapes. 

Les bottes étaient posées debout proches de la table basse. Huit bons centimètres de talons, un bonus qui allongeait cette femme depuis son arrivée. A plat maintenant, elle semblait plus fragile.

"Restez accessible pour vos plaisirs, pour les plaisirs, pour tous les plaisirs. Imprégnez-vous de cette règle tel un mantra."

Debout avec son collant noir, son pull noir.

"Je ne comprends. Monsieur, je ne comprends pas."

Il sourit, ouvrant un tiroir caché en dessous la table basse, posant à côté de la tasse de la belle, debout un  simple vibromasseur couleur ivoire.

"Et maintenant sans vous expliquer en détail, donnez-vous du plaisir avec." Un sourire malicieux aux coins des lèvres. Sa tasse tiède dans la main.

Coraline s'assit sur le bord, puis en se reculant se cala dans le rebord de cette méridienne si douce. Elle avait le vibro dans sa main, elle reprit alors le chemin de ses envies, celles qui l'avait amené chez son amie, chez cette femme bcbg, chez cet homme. Se mettre à nu prenait un sens premier, elle hésitait malgré ses choix sans ambiguïté, malgré sa pudeur déjà bien consommée, mais la soudaineté de la demande la troublait. Dans sa chambre, dans sa commode, il y avait le cousin rose de ce vibro, elle savait en abuser, longuement, dessus, dessous, dedans.

Mais devant lui, toujours aussi inconnu, elle devait se masturber, se donner du plaisir face à son regard. Respectueux mais en attente de l'acte. 

Elle s'allongea, tortilla des fesses pour remonter à mi-cuisse ce collant noir. Couchée elle pensait être un peu moins visible tout en étant presque nue, pas directement sous son regard.

"Peut-être comprenez-vous  notre règle ? Le passage ne doit pas être impossible pour vos mains, pour vos envies, même pour vos besoins naturels. Libérez-moi vos jambes !" dit-il en se levant vers elle. Traversant cet espace de moins de deux mètres de l'autre côté de la table basse, la main sur sa cuisse. Chaude, prégnante, retirant vers les chevilles le collant, déchirant presque de sa force soudaine malgré sa voix calme, la matière. Il prit, fit une boule, la jeta au loin comme bannie des lieux. 

Elle était perdue avec les jambes nues, le sexe visible. Le vibromasseur ivoire  glissant de sa main vers le velours bleu, elle le rattrapa, figée dans son mouvement par l'objectif demandé initialement. Pourrait-elle  se masturber devant lui ?

Il sourit, lui proposa de se rasseoir, de finir sa tasse de thé. Coraline dans un geste naturel, tira sur son pull trop court pour cacher son intimité, sa chair offerte.

"La chaleur de la pièce vous convient, j'avais rajouté quelque degrés avant votre arrivée. Votre tenue ne semble pas avoir plus assez à la Vicomtesse. Nous allons corriger cela ensemble. Buvez"

Coraline mesurait doucement ces premiers pas dans cette initiation aux plaisirs. Claire lui avait tant vanté les plaisirs à découvrir, les moments d'épanouissement progressif, avec un enthousiasme total. Tant de sourires rayonnants.



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lundi 15 mai 2017

Quelques tableaux

John avait dîné récemment avec des amis, mais aussi quelques inconnus, après un vernissage dans une galerie proche de la place des Vosges. La galeriste l'avait accompagné sur les trois niveaux parmi ces toiles immenses aux motifs incongrus, modernes et pleine de poésie d'après ces dires. Elle avait dû le confondre avec un riche anglais, elle parlait cette langue avec un accent bien français, relativisant la richesse des galeries d'outre-manche, pendant qu'il se contentait d’acquiescer. Deux flûtes de champagne plus tard, son couple d'amis enfin arrivés, il reprenait le cours de ses pensées en langue locale, souriant de ce quiproquo, savourant cette visite privée avec cette brune perchée sur des talons hauts, moulée dans une robe en cuir, surmontée d'un serre-taille en soie bleue d'un plus bel effet. Il la regardait encore dans la foule, elle saluait d'autres clients potentiels.

Aline lui avait présenté d'autres personnes, précisant en quelques mots, la curiosité artistique de chacun. Moderne ou classique, couleurs ou noir et blanc, photos ou toiles d'artiste, elle donnait les liens possibles entre eux pour partager le plaisir visuel de l'art. D'autres flûtes de champagne, deux mignons, en cuir moulant eux-aussi, passaient avec des plateaux de petits fours salés, des mignardises savoureuses quand un tableau inspire le vide, idéales pour remplir la bouche pour éviter de rien avoir à dire. 

Une brasserie, des lumières vives, la foule des tables en pleine discussion, un décor 1900, une grande table réservée pour la troupe des amis, des amis d'amis et quelques autres créatures perdues. John avait atterri à une extrémité, coincé entre deux femmes, l'une dans la vingtaine, artiste introvertie, l'une quiqua, veuve d'un notaire avisé. Deux types de discussion, deux féminités.



copyrights Photo by Froger



Deux raisons différentes d'aborder la galerie et l'exposition de ce soir, 
L'une vantant son travail à la fin de chaque phrase, la voix descendante, presque convaincue d'être déjà maudite. Obnubilée par les murs de son atelier où elle vivait, dormait, peignait, pleurait, peignait encore sans jamais exposer. Le champagne ne suffisait pas à réalimenter ses futures larmes du lendemain. John compatissait mais riait intérieurement de cette fausse mélancolie pour essayer de lui placer un tableau ou deux. Il finit par promettre de passer la voir, lui demanda son adresse et son téléphone pour venir prochainement. Elle se remit soudainement à manger avec appétit, un sourire léger sur son visage. Sa robe bohème blanche et beige, tâchée volontairement ou non de quelques touches de couleurs, des écailles de ses créations, une écharpe trop grande qui tombait sans arrêt, des baskets, rien de sérieux pour créer du plaisir esthétique à ses yeux, mais il espéra des toiles moins fades pour sa visite.
L'autre plus sage, les ongles avec un somptueux vernis rouge coordonné avec ses lèvres, un visage souriant mais froid, des cheveux clairs, certains grisonnants, elle semblait assumer entièrement sa féminité. Elle lui parla de voyages anciens et récents, seule pour traverser les musées, mais avec le bonheur de ne rendre de compte à personne, même pas ses grands enfants. Elle était libre de voir, de s'arrêter devant un tableau, de le scruter, de déchiffrer les touches, les épaisseurs sur une huile ou de croire aux mouvements légers d'un artiste avec une esquisse au crayon. Son plaisir était bien là, elle qui avait délaissé sa carrière de doreuse d'art pour un hôtel particulier richement doté mais froid. Une vie de mondanités, de décorations malgré tout pour occuper son temps, mais des journées surtout consacrées aux enfants. Alors quand leurs études furent finies, elle s'occupa de ses amies divorcées, de son jardin, espérant emmener son mari dans des expositions, ce lien si fort en elle avec l'art. Il n'avait pas le temps, son travail, toujours son travail, mais aussi le golf. D'ailleurs c'est là qu'il fît son infarctus, laissant la balle immobile dans le trou. 

Elle sourit, suçant la sauce des gambas avec envie et malice. John dégustait un st-pierre sublime de cuisson douce avec quelques rattes de Noirmoutier. Un plateau de fromages, il commanda un magnum de Chevaliers-Montrachet de Chartron pour remercier les amis présents de cette bonne humeur, pour fêter ce vernissage. Les chèvres et un doucereux Livarot étaient en phase dans les papilles de John. Il pouvait écouter avec la bouche pleine les échos de la table. Mais aussi, son regard suivait la gorge pulpeuse de sa voisine. Un chemisier noir original avec des bandes satinées et opaques, des bandes translucides et d'autres en dentelle, que ses yeux gourmets dégustaient aussi. En particulier ce soutien-gorge balconnet qui respirait avec elle, à chacune de ses petites impertinences ou quand elle évoquait tel tableau ou telle sculpture. Une respiration emportée par la satisfaction de trouver dans l'art  une nouvelle forme de jouissance. Oui le champagne est le meilleur moyen d'avouer après une certaine heure, même le plus intime, surtout avec une oeillade complice.

La brasserie se vidait, John salua la galeriste, toujours embrumée dans le smog de Londres, elle le remercia en anglais de sa visite, espérant le revoir si besoin le lendemain pour revoir ensemble chaque toile. Il sourit.

Sa voisine de table attendait, il lui proposa de la raccompagner si besoin, elle le remercia, lui proposant aussitôt de partager une visite de ses tableaux. Mon héritage dit-elle en riant. John suivit ses instructions, rentrant dans la cour pavée de cet hôtel superbe de la rive gauche. Elle sortit pour ouvrir une belle porte en bois, sa jupe croisée s'ouvrit sur un détail qu'il n'avait pas encore saisi.  Des bas nylon.


Il retira la clef du contact, imaginant un gin ou un vieux rhum pour déguster cette nuit devenue petit matin, en regardant quelques toiles, à moins que ce ne fût quelques voiles.


M. STEED








mercredi 1 juillet 2015

Lire & Jouir !

Des textes, des mots, des voyelles et des consonnes, des langues internationales avec chacune leurs traductions, leurs variantes et toujours des émotions.

Vous aurez plaisir à croiser cette série de vidéos, nommées HYSTERICAL LITERATURE, lancée à l'initiative de Clayton CUBBITT (un nom pré-destiné ...), un photographe et vidéaste moderne. Son idée est de filmer des femmes lisant de grands textes de littérature ou des oeuvres plus classiques, devant un fond noir, derrière une table, juste le buste apparent. Un détail en bonus, un vibromasseur, commandé à distance se trouve sous la table ... là il vous pensez, oui là !

C'est un acte artistique, un clin d'oeil de bonheur dans notre monde un peu rugueux, ici l'objectif est le bonheur, les prémices des sensations, les vibrations, les retenues, les silences soudain, la lecture toujours, les pulsions de plus en plus fortes, non maîtrisables, la jouissance.















Je ne lis pas ainsi, mais je continue d'écrire. 
Occupé ailleurs mais j'attends vos réactions, vos commentaires, vos clins d'oeil.

M STEED.


samedi 27 juin 2015

Offerte pour mieux recevoir

Eliza avait rendez-vous sur ce parking sombre, un coin de ville endormie. Aucun passage, quelques feux tricolores qui illuminent de couleurs le macadam noir, quelques voitures, des retours tardifs, en quête d’une place, avec une seule envie, rentrer chez eux, au chaud. Elle attendait avec le souffle chaud sur ses jambes, libérées par ce manteau court.

Celui-ci ne cachait qu’un chemisier en mousseline fine, transparent pour ne pas couvrir son soutien-gorge noir et rouge qui enveloppait son bonnet D voluptueux. Une petite jupe plissée renforçait sa posture sensuelle, son choix de mode sulfureux, d’autant qu’elle ne couvrait que difficilement l’arrondi de ses fesses. Mini ou micro, la longueur n’enflammait que les regards, dans son entière volonté d’exhibition, partiellement assumée. Son client, après leurs échanges d’emails ponctué d’un court coup de téléphone plus précis, avait exigé des bas, de véritables bas nylon avec couture. Pas de résilles vulgaires, pas de bas jarretières trop classiques, il voulait du glamour. Les jarretelles s’affichaient sur ses cuisses, dépassant du manteau maintenant un peu ouvert, sur le cru de la chair blanche au-dessus des revers brillants, le tout dans la lueur blanche du proche lampadaire. La finesse du voile excitait le toucher, ses doigts impatients le caressaient.  Eliza ressentait la tension du string enfoncé entre ses fesses, la dentelle vibrant avec le chauffage. Son derrière s’appuyait sur le tissu du siège, elle attendait, toujours quelques minutes qui lui paraissaient longues. Des noctambules, mais pas son client, où était-il ? Elle le connaissait, tout comme son exigence dans ses fantasmes fétichistes, avec sa volonté de maître dominant. Ses ordres étaient clairs, non négociables, sinon il aurait choisi une autre libertine. Elle serait encore surprise, se donnant dans ses limites personnelles qu’il avait découvert dans leurs précédents échanges. Il savait et saurait l’emmener au-delà, sur des chemins sensuels et soumis, pour démultiplier ses sensations charnelles mais surtout dans son esprit. Tout en la baisant sans concession. Son plaisir brut mêlé de douceurs et de fermeté diverses. Elle aimait prendre l’argent, assouvir ses envies, recevoir des ordres et se donner toujours plus. Son corps l’amenait à jouir, sa maturité savourait les plaisirs intérieurs et intellectualisés. Surtout dans les yeux de son homme, ensuite plus encore avec lui, pour revivre certains instants plus forts., en elle.





Une voiture enfin, une camionnette, pas une berline habituelle avec le luxe du cuir intérieur, elle tourne autour du parking et finalement s’approche en se garant sur les places vides nombreuses. Lui, un costume chic avec cravate, se dirige vers elle. Il vient vers sa porte côté passager, elle allume la veilleuse intérieure, découvre ses jambes, ouvre son manteau pour exhiber son corps offert. Ils regardent.  Il détaille de haut en bas, acquiesce sobrement d’un signe de tête, ouvre la portière. Ils se saluent.
« Etes-vous prête pour ce soir ? »
« Oui Monsieur ! »
« Combien pour une soumise dans un cocktail fétichiste ? Pour vous soumettre, pour vous forcer la bouche, vos lèvres du haut et du bas, pour faire vibrer votre petit cul, combien ? »
« Vous avez mes tarifs, je serai à vous. Intégralement. »
Il sortit les billets, un à un, il les glissa dans les revers de ses bas, comme les clefs de désirs mutuels, de besoins profonds. Comme le signe conclu de sa soumission. 
« Où est votre collier ? Mettez-le avant de me suivre. Laissez aussi ce manteau, il fera assez chaud pour le reste du trajet.
Elle glissa le cuir sous ses cheveux courts, se laissa refermer la boucle argentée sur sa nuque. Il était réservé à ses clients privilégiés, les meilleurs dominateurs, les couples parfois, quelques dominatrices. Une signature pour se donner entièrement pour cette nuit à venir.
Il ouvrit plus largement la portière, elle saisit son sac. Dans le même mouvement il lui retira son manteau, jugé inutile. Sa peau prit conscience de la température de printemps. Mais surtout de ce lieu calme, aux fenêtres closes, illuminées ou éteintes, des volets qui cachait l’intimité des familles, mais aussi leurs regards sur elle, si peu habillée. Vingt mètres à traverser, le cul à l’air. La jupe micro ne recouvrait pas le haut de ses cuisses, tombant sur l’arrondi des fesses, laissant libre court à ses longues jambes. Le client savourait derrière elle, ses pas légers, perchés sur ses talons hauts, cette allure sexy. Cette exhibition excitait les deux parties, autant le fétichiste gourmet de jambes nylonées, qu’Eliza, réjouie de vivre cet interdit. Sa silhouette en liberté, sa féminité totalement fondue dans cette pute d’un soir.
Elle vint s’asseoir au chaud, il prît la place du chauffeur, ils glissèrent dans la nuit vers une rue inconnue. Quelques minutes après seulement, ils se garèrent dans une résidence, le portail s’ouvrit sur un garage, il entra le véhicule. En claquant la porte, il referma sur la nuit leur espace. Des murs gris, une lumière froide, un regard candauliste présent mais discret.
Il avait fait le tour, ouvrit la porte arrière latérale, puis celle de sa passagère.
« Complétons ce collier, chère soumise. »
Accompagnant sa parole de gestes, il saisit le premier poignet pour l’enlacer de cuir, de métal de boucles pour refermer le tout et accrocher d’autres éléments. Il fît de même avec le second. Puis il lui demanda de se tourner vers lui pour cercler ses chevilles, doucement sur les bas fins. Il prenait possession de son corps avec les futurs chemins pour d’autres liens, pour soumettre son âme de pute. Du piquant et de la douceur, du cuir et des dentelles. Peut-être trop d’ailleurs !
« Libérez votre  sexe et votre cul de ce string, là maintenant. Sortez de la voiture, donnez-lui votre dernière barrière. »
Dans la lumière blafarde, elle se leva face au mur fade, dans ce lieu sans parfums légers encore moins féminins, s’habituait à cet endroit sans décoration, un simple garage, mais avec un sol souple, comme une moquette, et surtout une chaleur bien réelle. Ce bien-être chaud l’enveloppait, il l’invita à sortir sur ses fins talons. De son autre main, il la poussa vers l’arrière de la camionnette.
« Voilà ton lieu de travail pour ce soir ! Là tu vas te faire baiser. »





Elle se pencha, se demandant où elle allait prendre place. Un simple matelas sur la plancher, , du satin noir et une tenture de fortune en satin rouge, des cordes et des mousquetons, un atmosphère fetish et rustique. Une claque sur le cul, il la repoussa encore, l’obligeant à se baisser, à grimper sur le matelas.

Il se pencha pour qu’elle soit à quatre pattes. Sans concession il saisit une sangle large pour attacher son collier . Ensuite ce fut le tour de ses poignets, pris dans des mousquetons et fixés à la grille métallique entre les fauteuils avant et l’arrière. Elle pouvait voir des yeux désirables et candaulistes, tout proches d’elle. Il pouvait l’embrasser à travers ce grillage. Le client entra dans cette cabine, il se glissa entre ses jambes, caressant les bas. Il lui écarta les cuisses, la forçant à offrir son sexe, pour lui lécher. Pendant de longues minutes il suça les petites et les grandes lèvres, absorbant le jus de son plaisir, il touchait avec ses doigts, il écartait encore, il poussait sa langue. Mêlant douceur lente, très lente même, avec des moments plus rudes, elle se cambrait, s’offrait toujours plus. Les mains quand elles ne s’introduisaient pas en elle, sublimaient ses jambes, des talons, sur les chevilles, sur les mollets, les doux genoux, les cuisses, les fesses, ses reins. Elle savourait. De sa grotte humide, il entrait et sortait un, deux, trois doigts, changeant leurs longueurs, les largeurs, s’essuyant entre son sexe et ses revers.

Il lui absorba son clitoris, sa grande spécialité, frottant dans le vide créer par sa bouche, le doux gland féminin avec sa langue durcie. Oubliant le temps, il dégustait longuement, dévorait les minutes et son corps féminin. Un doigt glissa aussi vers son petit cul, dans son étoile lisse.

« Dommage que tu n’es pas décidé de porter ton rosebud comme convenu, je vais être obligé de te faire vibrer. »

Dans un repli du matelas, il sortit des préservatifs, un petit gode, des plugs de toutes tailles. Il lui lécha le trou, la raie, la doigta un peu plus et très délicatement il enfonça un gode tout petit mais bien vibrant dans le cul offert. Elle ne voulait pas, du moins refusait ce plaisir nouveau, cette forme délicate en elle. Un paradoxe qu’il maîtrisait avec sagesse. Il prit possession de son cul, bloquant le gode bien en elle, pour la voir se crisper, puis face son plaisir réel, se libérer, jouir de cette sensation si profonde, si contraignante et savoureuse à la fois. Lui seul la prenait par là, elle refusait pour la forme, car à chaque fois qu'il avait pris cette initiative, son sexe avait triplé d'humidité, et ses lèvres coulaient à volonté. Des yeux la suivaient dans ce refus consentant, observant ses limites repoussées, cet orifice offert uniquement à cet homme.

Dans les minutes qui suivirent, il joua avec son corps, passant des cordes rouges sur le corps de sa soumise, variant les points d’attaches, sur la chair, dans le cube de métal. Il lui força la bouche pour y glisser un sexe dur, pour voir la salive et la langue l’avaler. Dans un tourbillon, il lui retira aussi son porte-jarretelle simple par un modèle plus fetish, avec douze jarretelles, il en profita pour lui bander les yeux, mais surtout pour la baiser plusieurs fois, profitant de ses jets de sperme ici et là, et durant les moments plus relax pour l’attacher encore, la caresser aussi, la prendre en photo. L'arrière de ce véhicule devenu un cube de métal, avec des cordes rouges attachés à sa chair, mais aussi tendus dans les interstices ou la grille entre les sièges avant et cette partie. Un bondage en trois dimensions, un labyrinthe visuel avec pour coeur vibrant, le corps écartelé d'Elisa, pénétré et jouisseur ! Elle avait lâché prise depuis de longues heures, pour ne se focaliser que sur ses plaisirs diverses, charnels et intelectuels. Etre vue, être vue en pleine jouissance, en plein orgasme, en totale prisonnière d'un jeux de cordes. Mais plus encore femme heureuse de se muer dans des tenues qui révélait ses autres facettes plus soumises ou plus follement dégustatrice de corps masculins ou féminins. Elle jouissait encore, en avalant ce sexe en elle, jambes et bras en croix, intégralement exhibée.

Des yeux sur elle, un de ses premiers plaisirs. Cet homme, ses yeux, à moins que ce ne fût ceux de son mari de celle-ci, présent voyeur sur siège passager qui ne flashe sur ses jeux fetish.


M. STEED




dimanche 24 août 2014

Courbes bleues

"Bonjour Monsieur, je suis une amie de Mary. Nous avons eu l'occasion de parler de vous, de vos écrits, de vos photos, de votre passion pour l'esthétisme féminin. Je souhaiterai vous rencontrer."

Un long sms, un lien privé très privilégié que John ne laissait qu'à peu de ses relations. Mais Mary, pas croisée depuis si longtemps, l'utilisait parfois pour donner de ses nouvelles, mais elle lui envoyait aussi des photos de voyages et de longs emails, et parfois des séries de ces clichés faits par un ami photographe, ses courbes habillées ou parfois un peu moins. Avec un thé, il se délectait de cet intimité relative avec elle, parcourant ses souvenirs de soirées plus charnelles ensemble. Là, un autre lien, une amie, une inconnue, cela ne le troublait pas, le rassurait sur le jugement de Mary sur cette femme. Il sourit.





"Bonjour ma chère, avez-vous un prénom ? et plus encore une raison de venir me croiser ?"
La réponse fût instantanée.
"Monsieur, je m'appelle Carole et les bulles d'une soirée avec notre amie commune, m'ont permise de découvrir de belles évocations de désirs, de fantasmes et de moments vécus. Elle m'a recommandé de venir me présenter à vous, simplement, m'expliquant quelques règles, du moins, quelques détails pour voir étinceler vos yeux. Ce sont ses mots, j'aimerai pour cela, pour me montrer, pour sentir votre regard sur mes jambes, espérer vous aborder."
"Chère Carole, proposez-moi une ou deux dates et horaires pour vous assurer ma disponibilité. Retenez bien les conseils de Mary, mon regard sera plus fort, plus présent, plus charnel. Au plaisir !"
D'autres sms avaient suivi, des questions, des précisions, une politesse qui savait pour autant que les chemins qui se croisent, entre l'un dans l'autre pour cela.


Trois jours plus tard, en fin d'après-midi, sous une pluie fine, encore un chagrin trouble d'été, Carole avait sonné, John lui avait ouvert lui tendant la main pour s'abriter au plus vite, chez lui, au chaud. Ses cheveux bruns, avaient fixé quelques gouttes sur son carré élégant, un peu long. Un large sourire, des yeux en amande soulignés d'un trait un peu rétro dans l'angle, des lèvres couleur prune, Carole retira rapidement sa veste. John lui indiqua le salon, suivant ses talons fins et hauts, ses jambes sous un jean moulant, ses petites fesses. Sur un fauteuil, elle déposa son sac à main, sa veste et déroula son écharpe orange en coton léger. Ainsi elle libéra son cou, offrant un collier de métal argenté cerclé sur sa peau un peu mate. John la scrutait maintenant, les épaules libres et bronzées, un  body en dentelle bleue laissant apercevoir un soutien-gorge noir, une poitrine sobrement pulpeuse. Ses seins pointait en dessous, une transparence délicieuse.


Voyant son regard accroché à son nombril piercé avec un brillant bleu sous la dentelle, elle anticipa ce scanner extérieur dont Mary l'avait prévenu, dont elle souhaitait être l'objet tout autant. Etre dégustée par un esthète, une jouissance à fleur de peau pour une femme, elle s'en réjouissait, tout en étant intimidé face à cet homme inconnu. Pas totalement non plus, elle connaissait certains de ses écrits, tant sur l'art féminin que sur la femmes et leurs libertés, et quelques textes plus légers, sur les femmes et leurs voyages sexuels. Elle lui avait décrit un jouisseur fougueux quand il portait ses mains sur un corps, quand ses yeux avaient fini son festin de beauté. Elle n'était pas nue face à lui, elle savait qu'elle serait à son menu probablement, elle avait entendu quelques plats, quelques positions, quelques variantes de son amie avec cet homme. De ses histoires, elle avait ressenti une énorme envie, une sublimation entre ses jambes, une jubilation de désirs, de venir pour elle aussi, avoir sa part du festin.

"J'ai hésité pour une première fois face à vous, ne sachant pas comment vous satisfaire pleinement, ne voulant pas vous décevoir. Et puis cette saison ? et puis ce rendez-vous avant qui m'empêchait ..."
John saisit sa main, cassant son trouble, assurant sa prise sur sa proie, lui intimant ainsi sa présence physique. De l'autre main, il caressa vite son sein à travers la dentelle, descendant vite vers la ceinture, la boucle défaite de ce jean. Il l'attira par le cou vers la table basse, montrant la signification du collier, probablement recommandé par Mary. Son autre main s'enfonça entre le tissu et ses jambes, passant sur l'arrondi des fesses, dévoilant le body string bien aspiré dans le mystère de son derrière, poussant vers le bas le pantalon. Carole n'avait pas osé, mais maintenant elle dévoilait aussi son envie, avec ce porte-jarretelle très fin, ses bas nylon impeccables, ses talons hauts.

"Vous êtes mieux ainsi.Mais si vous revenez, même par vent et tempête, n'oubliez pas une jupe, uniquement pour libérer vos jambes."
"Oui Monsieur, je savais, mais....."
John la poussa, un coussin attendait devant elle, Carole saisit la position qu'elle allait prendre, non sur le canapé, mais là, à quatre pattes sur cette table.


Dans la douceur de la soie, elle posa ses genoux, écarta ses jambes pour donner un aperçu complet des courbes et des lignes de son corps. Elle s'inclina pour accentuer la cambrure de son dos, révélant ses fesses, cette dentelle, sa peau caramel.


John s'assit derrière elle. Sagement, dans un silence ponctué par la pluie d'été qui enflait dehors, il savourait cette perspective. Des talons fins, des coutures bien verticales, soulignant la symétrie des cuisses, les revers hauts sur la chair, cette dentelle bleue qui la séparait en deux, un pointillé bleu entre ses lèvres, et puis cet éclat  bleu entre ses deux rondeurs, un rosebud brillant. Il entendait cette respiration rapide, elle était là, offerte à son excitation, ne connaissant pas le menu mais uniquement le parfum du cuisinier.


Que c'était beau !
Serait-ce bon ?




M. STEED



mercredi 23 juillet 2014

Souffle de chaleur ... intérieure

John n'avait pas revu Emma depuis quelques jours, quelques semaines. Elle avait un agenda pro qui l'occupait et la fatiguait avec ses déplacements quasi quotidiens, lui écrivait, doutait, souffrait de ses douleurs habituelles, ne recevant personne à ces moments-là.

Mais ce soir, il l'avait invité, avec un bouquet de fleurs livrés chez elle, un carton manuscrit d'invitation, quelques mots aussi. Pour sa tenue, ses bas noirs à coutures glissés dans des talons hauts, très hauts, une bride autour de chaque cheville, et les détails qu'il adorait. Ainsi les chaînes cerclaient le bas de chaque jambe, sous le nylon fin, brillant suivant la lumière, dans ses yeux quand il ouvrit et commença à la déguster du sol vers son parfum, sa nuque, ses cheveux, elle avançait dans le couloir d'entrée. Il tenait  son court trench dans la main, elle n'avait plus que sa lingerie. Ses hanches ondulait.




Emma entra dans le salon, choisissant le cuir du canapé chesterfield gris foncé, le plus charnel de tous, elle se tourna vers lui, lui lançant son total accord pour se donner à lui. C'est elle qui décidait, lui qui disposait maintenant. Droite, elle portait au-dessus de ses bas, de belles jarretelles tendues sur ses fesses rondes, un délice esthétique dont John savourait les reflets dans les miroirs, donnant encore plus de volume à ces arrondis délicieux. Nombreuses jarretelles vers le dessous d'un corset underbust, surmonté d'un soutien-gorge laissant l'arrondi charnel de sa volupté, de ses seins, s'exprimer amplement dans une version semi-opaque, le tout caché à peine sous un top en voile noir, si léger.

Rien ne cachait son sexe, sobrement lisse, cette vallée des délices coupée par une chaînette exquise signant verticalement une ligne entre le possible nombril, vers les lèvres, entre les bas. Un bijou, une complicité entre eux, laissé un soir sur son oreiller. Emma avait savourer cette introduction toute personnelle dans son intimité, là au fond d'elle. Un cadeau qu'elle ne portait qu'avec lui, pour lui, en elle.

Pendant que le bouchon de champagne partait sur l'étagère la plus haute du salon, rejoindre une large collection d'autres moments festifs, elle se pencha, offrant ses fesses au regard de son homme. Un délice, dégusté centimètre par centimètre par son oeil expert, avec le mélange du parfum féminin, des arômes des bulles dans la flûte qu'il apportait. D'une fausse pudeur, elle couvrit ses arrières, libres et sensuelles.





Emma avait envie de lui depuis plus d'une heure, elle l'aurait dévoré, mais elle savait cet immense plaisir qu'il avait à dévorer sa féminité, sa lingerie, ses bijoux, ici ou là, sa coiffure et ses ongles vernis, ses courbes de chair et de dentelles. La dernière fois, il l'avait prise profondément mais rapidement dans un parking, avant un cocktail, avec fougue. Un intense plaisir court qu'elle aimait autant que cette attente ce soir, longue, mais si douce.

D'une main il lui servit la flûte, le champagne, les bulles, d'une autre experte, souple et précise il lui posa deux doigts sur le clitoris, entre les lèvres, directement. Fulgurance d'un massage de gourmet, elle avait poussé son corps, accentué sa cambrure, et bu ce vieux millésime subtil.

Quelques minutes, quelques massages, un peu de jouissance, des petits cris, John l'avait retourné sur le cuir, basculé avec les jambes en l'air, écarté les fesses, les jambes, les bas nylon, pour la prendre sans autre préliminaires, en rugissant tel un lion dévorant sa proie. Emma recevait cette énergie, ce corps fou d'elle, profondément, intégralement sur elle, un poids de sexe et d'amour, car si il restait silencieux, ses yeux signaient chaque coup de rein, de ses sentiments, de ce manque, de ces envies nouvelles, de ce désir en pleine action.

Il jouit en caressant le nylon des deux jambes, s'écroulant avec elle sur le cuir, les gouttes de sueur, les parfums de leurs peaux mêlées, leurs chairs en fusion.


Une bille de verre glissa au bout de la chaîne, errant aux abords de la vallée des délices, humide, emplie de bonheur et de luxure. Deux sourires, des lèvres, eux, ensemble.



Mr Steed





dimanche 22 juin 2014

Sublimation entre les bas nylon

Derrière la porte, le soleil couchant d'une fin de journée, une silhouette derrière la vitre, des hanches, une cambrure, et John ouvrit sa demeure. Une femme, ni trop jeune, ni trop âgée, une maturité assumée et élégante, la discrétion du maître des lieux, ne poussait jamais à poser des questions inutiles car la féminité était un état, un art de vivre même. Delphine, son prénom, unique information recueillie après des échanges par emails, puis par téléphone, une relation commune, une passion commune, voire même un fétichisme commun, les bas nylon. Un trait d'union très fort, qui s'accompagnait d'une veste de tailleur gris perle sur une jupe crayon en cuir noir, de bas noirs avec couture, d'escarpins avec une bride sur le dessus du pied, avec quelques brillants. Un sourire derrière des cheveux blonds mi-longs, des lèvres roses, quelques mots de bienvenues. John la guida en la suivant vers le salon, donnant sur la terrasse, un lieu calme, reposant et frais, envahi par les parfums du jardin, il observait les coutures, le mouvement des hanches, du bonheur pour ses yeux esthètes.




Là deux canapés, une méridienne, des tables basses, des beaux livres sur la photographie, sur les nus, sur les sculptures mais aussi le dernier ouvrage de Sandrine Sauveur, plus fétichiste. Une bouteille de champagne dans un seau de glace, des canapés, des amuse-bouches, et une femme assise, les jambes écartées. Delphine ne parut pas surprise mais plutôt charmée par cette présence féminine, une ravissante brune aux yeux bandés, des lèvres rouges, un corset underbust noir de taffetas moiré sous un soutien-gorge demi-bonnet laissant deux seins volumineux et charnels pointés vers l'invitée. Des jarretelles tendues vers des bas noirs à revers rouges, des jambes avec des cuisses pulpeuses sous le fin nylon, là, écartées à la vue de tous. Une vallée des délices offerte, ouverte sous un petite bande poils fins, une chaîne dorée la traversait, s'enfonçant ensuite entre les lèvres, dans un mystère plus intérieur.





John caressait cette femme qu'il ne connaissait pas encore physiquement, mais qui avait affichée ses envies clairement, libertine et jouisseuse des espaces délicats uniquement. Il avait pris en main ce scénario, pour qu'elle puisse trouver le trésor attendu, donner son corps dans un trio sensuel. Ses attentes étaient connues mais il restait la magie de la mise en scène  des partages, des contacts, des actions contraintes comme des plus beaux lâcher-prises. En ce lieu, avec le souffle de vent venant du dehors, les parfums des pivoines posées dans la pièce, des effluves de parfums charnels, des hormones en plein travail, ils se laisseraient prendre au jeu. Elle sentait les mains posées sur ses fesses, touchant à travers sa jupe noire les jarretelles, suivant le creux entre deux rondeurs, passant par la fente entre doublure et cuisses nylonées.


Delphine, ouvrit sa veste, dévoilant un chemisier de satin perle lui aussi, John dans son dos, saisit fermement puis doucement sa taille, ses seins, son corps entier. Il glissait entre la douceur de la soie, et le contact des dessous, une probable guêpière, de la volupté à pleines mains, le cou, les perles l'entourant. Il soufflait dans son cou, tout en ouvrant le chemisier, bouton après bouton, libérant avec des caresses, des frottements ce corps en pleine sublimation. Elle n'osait trop bouger, fermant les yeux, pour sentir les mains la découvrant, la modélisant dans l'espace, gardant dans son regard fermé l'image de cette femme qui entendait ces bruits proches, ses halètements légers. Surtout depuis qu'il avait fait tomber sa jupe, d'un geste précis, retenant dans le dos ses deux mains, la forçant à s'incliner pour arrondir ses fesses vers son regard gourmet. Rien de son corps ne pouvait plus s'exposer, plus encore le reflet brillant du rosebud qui ornait son anus, une lumière bleu sous un fin voile de dentelle noire.  

John lui offrit du champagne en la redressant, debout maintenant au centre du salon, cette femme toujours silencieuse près d'elle, les mains de l'hôte suivant les courbes multiples de son corps. Devant ou derrière, il passait, repassait, palpait, pétrissait, s'enfonçait. Le désir montait, de plusieurs crans d'ailleurs quand il introduisit son pouce entier en elle, entre ses lèvres, entres ses cuisses, entre ses bas nylon. Là, en elle, furtivement sous la dentelle, avec un soubresaut de plaisir soudain, Sophine gémit, il la possédait, elle suivrait ses ordres pour les prochaines heures. Sans le moindre mot, elle se soumettait à son jeu, entrait dans cette arène de plaisirs, jouet pour un couple, complice de ce trio hédoniste.

Il continua longuement, de longs instants à la caresser, à la visiter, à l'explorer sur toute sa silhouette, offerte à comme une sculpture câline, savourant d'avoir autant de surfaces à polir, entre ses chevilles et sa tête, entre son buste et sa taille, ses jambes tout particulièrement. Delphine adorait une présence, dont ses propres mains parcourant le soyeux de ses bas nylon. Une habitude naturelle et quotidienne, un bonheur tactile qui devenait ce soir un feu d'artifice. John l'emmena plus près de la femme, reprit la flûte de champagne, tapota sa nuque, sa cambrure, pour l'inciter à se mettre à genoux sur un coussin de satin, pré-disposé pour cela, pour pencher sa tête plus en avant. Obéissante créature à la féminité exacerbée.


Delphine huma alors les parfums intimes de cette inconnue.


.... à suivre .... 

Mr STEED

mardi 17 juin 2014

Indicible envie

Le matin laissait sa lumière rasante, renouvelée chaque jour, caresser les dernières pivoines du jardin, le printemps rappelait la fraîcheur des nuits, la douce chaleur des jours. John prenait son thé très parfumé en terrasse, un regard sur cette nature, le nez en quête de parfums et d'inspiration.

Ses douleurs le hantaient toujours, mais des envies montaient en lui, plus fortes que les premières, plus positives pour les calmer dans une bulle de bonheur jouissif. L'été pointait son nez, des désirs refaisaient surface, des fantasmes à réaliser, des poussées d'hormones sensuelles.





Emma était arrivée, l'embrassait dans le cou. John n'avait entendu que le cliquetis de ses talons sur le parquet, traversant la maison, son approche féline, son parfum de fruits rouges, un air de petite robe noire. Elle était vêtue d'un trench court, rouge, avec uniquement des bas noirs, des talons vernis noirs, deux brides dorés entourant chaque cheville. Rien de plus, si ce n'est un sublime ensemble de dentelle noire toute en transparence quand elle déposa son trench sur le bureau. Il referma la porte-fenêtre, l'observa en lui servant une tasse de thé.


A sa demande, elle portait un soutien-gorge balconnet, plutôt demi-balconnet où seule la dentelle noire tranchait avec le blanc crémeux de sa peau, avec le poudré beige des ses aréoles libres et conquérantes. Emma ne s'exhibait pas aussi souvent, mais ce plaisir était démultiplié face à John. Les seins, donc, étaient supportés par le dessous, sous le premier arrondi, cachés par ce jeu de transparence, de dessins plus ou moins foncés, mais seul un tiers de leurs volumes voluptueux étaient ainsi. Des coutures suivaient très hauts sur ses cuisses, le dos de ses jambes. Quatre lignes noires, verticales et hypnotisantes pour ce fétichiste, car John avait demandé plus. 

Il posa la tasse, l'embrassa à pleine bouche, caressant ses fesses à pleines mains. Dévorant lion sur sa proie consentante, il avait envie fortement d'elle, lui avait dit, écrit, répété, montré, et maintenant son corps le démontrait encore plus, d'une présence dure. Jeux de langues, jeux de bouches, d'envies partagées.

Emma s'assit, John à ses pieds pour retirer les deux brides, libérant de ses talons la belle. Là, il recula, laissant celle-ci caresser ses jambes, lui voyant ce bonheur tactile et intérieur la conquérir, elle adorait cette sensation, rien que pour elle-même, cette finesse, et ici, cette double finesse. Oui, à la demande de John, elle portait deux serre-tailles, un uni et noir, un autre plus fin, plus dentelle, avec quelques motifs prune. D'une main elle défît les jarretelles du bas supérieur. Fin, roulé, elle le retira pour le poser près d'elle. Puis le second; il l'aida à ajouter les jarretelles libres aux bas restants, portant à dix le nombre d'attaches sur ses bas si hauts sur les cuisses lisses d'Emma. D'un oeil discret mais très voyeur, il aperçut le jeu de transparence de son entre-jambe, une culotte de voile, cachant un string noir en accord avec le soutien-gorge. Dentelles et transparences se jouaient de son irrésistible envie d'elle. Le meilleur arrivait.







D'une main souple, il remit les talons, ne voulant la laisser sans le vertige de cette hauteur, même assise, sans l'indicible émoi de cette étincelle de féminité. Puis il prit un bas, l'embrassa, lui offrit le thé de l'autre main, elle bût, pendant qu'il lui bandait les yeux avec ce fin voile de nylon. Noir non absolu, car les deniers n'étaient pas trop importants, mais le méli-mélo d'épaisseurs couvrait la vue. Emma ferma les yeux. Il reposa la tasse, caressa ses bas, ses seins, suçant les tétons discrets, suivant les courbes avec l'autre bas. Massage ou recherche de sensations, détournement du voile qui normalement ne comblait que la peau des jambes, son envie venait là, encore plus maintenant. Il envisageait d'autres jeux, d'autres folles explorations du corps, sous des couches légères de lingerie, de nylon, de bas nylon, de nombreux voiles de nylon. Fulgurante envie de bondage avec cette seule matière, pour recouvrir, pour envelopper, pour unifier dans les courbes les merveilles pulpeuses d'un corps, pour créer une vision artistique et charnelle à la fois. Pour lier aussi certaines courbes avec des lignes souples et fermes à la fois, des souvenirs, des envies à renouveler.

Emma avait attaché ses cheveux en arrière, cela facilita l'enfilage de la tête dans ce bas extensible, souple pour avaler cette partie féminine. Déformée par l'aspect moulant, sublimée par le satiné du nylon, la tête devint un fantasme. Le bandeau marquait les yeux, la bouche de son rouge à lèvres fort rouge, se signala encore sous le fin filet noir. 

John contemplait son envie, plus encore celle qui partageait de son corps si voluptueux, si élégant en lingerie sur ses hanches si féminines, celle qui semblait adorer ce jeu fétichiste. En quelques secondes, il sortit son sexe, tendu, droit vers sa bouche. Là il le présenta, pour elle dans le noir des superpositions, les mains sur le canapé, juste sa bouche s'ouvrant à lui. Le voile suffisamment souple collait aux lèvres, se tendait pour voir le trou s'ouvrit, le sexe forçant à contre sens pour s'enfoncer un peu plus. Centimètre par centimètre, dans un jeu d'une lenteur molle, il stimula la souplesse du nylon, en elle. Ses lèvres suçaient, suçaient encore, prenaient cette chair nylonée en elle. Pas trop de profondeur mais des sensations, et pour John une vision fidèle à son fantasme, une poussée forte de bonheur, de chaleur, de moiteur sur le bout de son gland. Elle l'avalait, devenant source de nylon, de chair et d'émotions intenses. Le rouge écrasé par le nylon, le tension de la maille explosait sous la transparence noire, amplifiait la possession de cette bouche. 

Emma avalait encore, explorait de sa langue la matière, nouvelle et avec le goût de son homme. Derrière le voile, dans le noir, elle ne ressentait que cette queue qui la forçait sans pouvoir s'enfoncer plus, qui englobait ses lèvres. Mais aussi possédait son visage, car chaque millimètre entre ses lèvres, se répercutait sur sa tête entière, jusqu'à son cou où le revers soyeux caressait sa gorge. Sensation étrange, nouvelle et fortement troublante. De quelques tremblements, elle comprit le message, ouvrit encore plus ses lèvres, avala son homme, lécha l'espace de nylon coulant de sperme chaud. Sa langue prisonnière ne pouvait aller sur son visage, les gouttes semblaient accrocher à la maille. Elle suça encore, lécha, et soudain après un silence, un cri de jouissance, elle sentit les lèvres de John qui l'embrassait. Séparés et unis à la fois par ce nylon, fantasme fétichiste et par ce goût de plaisir pur.








Mr STEED

samedi 3 mai 2014

Quelques mots de plus



John avait pris ses douleurs avec lui, se cachant derrière les livres, derrière les vitres fermées, sur lesquelles les gouttes de pluie s'agglutinaient. Le printemps, malgré le vert du jardin, ressemblait à un automne étourdi. Le bureau était devenu sa grotte, les autres pièces ne l'avaient pas vu depuis plusieurs jours, peut-être même semaines. Il dormait sur son chesterfield en cuir gris foncé, sous une couverture offerte par Emma. Des faux repas, des livraisons de luxe, des litres de thé qui le poussaient vers sa cuisine, un aller-retour vers ses ordinateurs, vers d'autres livres. Car si il alignait des mots, ses pauses étaient dans les mots des autres.

Philosophie, détente, amour, documents, art contemporain, cuisine même, les sujets variaient comme sa curiosité, insatiable. Hommes ou femmes, passion ou témoignages, tout était source d'émotions, de nourritures pour lui. Et puis aussi médicaments pour oublier encore les doutes, les douleurs, les souffrances qui accompagnaient sa vie depuis de longues années. Aujourd'hui il était devant son écran, attendant la réponse de son éditeur. Il avait envoyé le nouveau manuscrit, une version quasi finie de ses chapitres nylonnés, une version scintillante de ses rêves, mais surtout de son imaginaire débordant de douceurs, de longues jambes et de jolies silhouettes. Trois jours de pluie, trois jours sans réponse, sans signe en retour. 



Une sonnerie, celle de sa porte d'entrée, de l'autre côté de la maison, un bruit strident sur le fond musical choisi, des sonates de Chopin, un inconfort troublant. Il se leva, déploya son corps pour traverser le couloir vers la porte vitrée, apercevant une forme derrière.



Là devant lui, une femme, trempée malgré les quelques mètres depuis la rue, mais la pluie avait redoublé de force, elle avança à l'intérieur malgré le silence de John, surpris. Depuis tant de jours, il n'avait vu personne, ni même contacté Emma, lui laissant la joie de leurs précédentes rencontres, lui évitant ses périodes de faiblesse. Cette femme brune, avec une coupe au carré impeccable, un trench noir ne couvrant que le haut de ses cuisses, de longues jambes, des bottes vernies au genou.

"Je suis la réponse de votre éditeur, il n'arrivait pas à vous joindre au téléphone, il m'a demandé de venir à vous, avec cette lettre."

Elle posa son large sac besace, le regarda froidement, puis demanda où se trouvait son bureau, ainsi que du thé chaud, un thé aux parfums d'agrumes si possible.

John prépara l'eau chaude, une grande théière, deux jus de pamplemousse, une brioche feuilletée, deux tasses de grand format. Puis se dirigea vers son bureau, son lieu, son univers de mots.

Elle avait posé ses bottes près du radiateur sous la fenêtre, elle se perchait sur des talons hauts très fins. Toujours avec son trench, elle tendit à John une enveloppe. Dans un geste souple, si féminin, elle défît sa ceinture, décomposa son épaule vers le sol, déroulant le trench comme une cape, la posant aussi vite sur le coin d'un fauteuil club rempli de livres ouverts, des livres d'art surtout, une étude actuelle. Une minirobe grise en laine, si moulant que John attrapa du regard ses petits seins, leurs tétons surpris par le froid de la pluie, la laine enveloppante pour chaque arrondi  de sa sensualité.


John servit le thé, elle était debout, de dos face à la fenêtre regardant le tilleul du fond du jardin les iris et les premières pivoines. Elle contemplait silencieuse, Chopin emplissait de ses touches mélancoliques l'espace. Avec un ustensile antédiluvien, un coupe papier hérité, John ouvrit l'enveloppe, vit le logo de l'éditeur, une simple carte. Quelques mots, rien de plus !

"Vous me surprendrez toujours par cette force cachée dans vos mots, par cette douceur qui mêle les corps, tous les corps. Mais il vous manque un chapitre pour finir. Voici votre inspiration" 
signé votre dévoué éditeur

John releva les yeux, elle avait retiré sa robe, posée en vrac sur le tapis.

Elle était là, assise sur le sol, juste vêtue d'une paire de collant opaque. Rien de plus. Son sourire s'ouvrit vers son regard. Il déposa la large tasse près d'elle, puis revint avec le verre de jus de fruits.



En reculant, tel un photographe, il la regarda cherchant l'angle de vue, la plongée vers sa féminité. Derrière son bureau, il se posa, trouvant sa position, poussant les objets inutiles, alignant son clavier, fermant les fenêtres des écrans. John se concentra sur cette femme, ce diamant sobre, brillant par sa peau, là devant lui, à quelques mètres. Il fût aspiré par ses lèvres marquées d'un rouge pur, son regard perdu, ses cheveux si charmeurs, ses épaules, sa pose molle le long du rideau. Une lettre, un mot, un exercice de style, un raccord avec le livre actuel, il ne réfléchit plus, dans un silence propre à son esprit, dans une bulle affolée, il déversa voyelles et consonnes sur le clavier, sur l'écran. Un reflet de cette beauté des années folles.

Finirait-il le livre avec elle ? Commencerait-il un autre ouvrage ? Lui-même ne savait pas encore ce qu'il allait écrire, mais les minutes devinrent des heures, sans fin, sans douleurs, juste avec un thé de plus en plus froid, et cette femme endormie sur le canapé. Les mots coulaient sans fin.




Je dédis ce texte à Jill du blog www.imajill.com/blog


Mr STEED

samedi 15 février 2014

La Fête avait-elle déjà commencé ?

Dans le noir complet, face à un voile blanc immaculé qui tombait du plafond, qui la séparait en deux. Daphné contemplait sa poitrine qui s'enflait des sensations ressenties depuis de longues minutes, ne sachant ce qui lui arrivait, consommant sans fin ces plaisirs sur son ventre, sur ses jambes, sur son sexe, derrière la lumière.


Comme durant une anesthésie, elle était consciente mais son corps seul jouissait de sensations tactiles et son esprit les amplifiait. Maintenant elle voyait un lien entre sa guêpière noire et rouge, de dentelles et de voiles, ses mains tendues, qui tenaient la table où elle était allongée. Chaque émotion devenait une tension vers les jarretelles, vers cet au-delà de lumière blanche, vers ses bas nylon frémissant sur ses jambes fraîches après cette épilation d'exception. D'un moment anodin, souvent un peu douloureux, elle n'avait que dégusté les caresses, les roulements de cette boule collante qui avalaient ses derniers poils, les mains fraîches de crème, d'huile et tous les parfums associés. Un délice, pour combler sa vallée des plaisirs.

John n'avait pas attendu pour commencer la fête, il l'avait programmé de moments déstabilisants en la forçant à se changer à son bureau, à être une autre femme, là au moment qu'il souhaitait. Et maintenant, pas encore rentrée auprès de son mari, elle avait joui tout simplement, naturellement, sans réfléchir.






Un lâcher-prise non demandé, mais finalement obtenu, si difficile pour elle qui calculait tout, vivant ainsi pour ne jamais perdre le contrôle d'elle, de sa famille, de son business. Et là son esprit s'était mis en sommeil, pour laisser son corps lui parler, la dominer. Le bas prenait le dessus sur le haut, le coeur palpitait des surprises données par son entrejambe. 

Du côté mystérieux, elle sentit les deux godes enfoncés en elle depuis le début, se mettre à vibrer, doucement. Son sexe avalait les pulsions, son anus glissait de bonheur. Puis le plus gros fût accompagner de mouvements en elle, en dehors, puis en elle encore, un peu plus, avec une douceur mais aussi une fermeté, car ce n'est pas elle qui se masturbait. On la possédait, en respectant ce rythme intime qu'elle pensait être la seule à connaître. Le fulgurance fût instantanée surtout quand une langue toucha son bouton, la clef de la vallée des délices. Daphné cria, cria encore sa joie, laissant des larmes partir, lâchant la table, relâchant encore plus son corps.

Les minutes suivantes furent cris et plaisirs, intonations et volutes vocales, car son corps lui jouait la plus grande symphonie, celle de l'harmonie entre l'envie, la fréquence et plus encore la prémonition de l'encore. Quelqu'un la comblait comme relié à ses désirs si personnels. Elle hurla, secoua la table, mais ne refusant aucunement ce débord de notes sensuelles, cette avalanche de joie.

Une langue, des mains activant les deux godes, elle se donnait, on lui donnait, elle ne savait plus où se situer dans cette échange. Doucement les vibrations cessèrent. Le silence, l'immobilité des mouvements mais encore sa peau, ses frissons intérieurs. 






Tout semblait immobile, et soudain la table inclinée qui soulevait son dos, revint à l'horizontale. Une présence à côté d'elle dans le noir. Impossible de la voir, juste ressentir l'air qui bouge. En un mouvement, un claquement, une sensation au-dessus de son visage. 

Deux reflets, ceux de la lumière blanche diffusée derrière le voile, se mirant dans le cuir verni de bottes, de deux talons hauts, de chaque côté de son visage.




... à suivre ....

Mr STEED

Pour reprendre depuis le début :  Voluptehedoniste.blogspot.fr/2013/11/desirs-en-fete.html



samedi 26 octobre 2013

Champagne pour tous ! 5/7

John s'enfonçait intégralement, la poussant vers lui, leurs regards commentant le plaisir de l'autre, sans bruit, leurs bouches autour de ce gode en verre. Daphné le sentait bien présent en elle, remplissant son sexe, s'arrêtant uniquement sur ses fesses, au maximum de sa course.






Il la pénétrait, elle le sentait pleinement, ses yeux l'exprimait, et Alex regardait cela, en bandant à l'intérieur du leggings en vinyl, savourant ce spectacle purement visuel, avec quelques à-coups dans sa bouche.. 

Leurs plaisirs étaient là dans cette position, dans ce scénario dont ils savaient que les limites, mais aucunement le contenu, les épisodes à venir. Ils devenaient les heureux consommateurs gourmets d'un menu gastronomique, façonné en sur-mesure, pour leurs deux corps, pour leurs esprits sensuels et pour cette forme d'amour qui les faisait fusionner. 



John ralentissait pour reprendre encore ses mouvements lents avec une fréquence différente, ne poussant que les lèvres, n'ouvrant que ce sexe sur quelques centimètres, pour sentir le jeu des petits muscles, pour voir le corps devant lui, ce dos, se cambrer un peu plus. Belle vision que les jarretelles fendant chaque fesse en deux, d'un satin brillant vers un bas tendu avec justesse, suivant la couture que chaque jambe. Son regard dégustait ce plaisir, son désir toujours renouvelé des bas nylon.

Elle bougeait maintenant son corps, son mont de Vénus faisait des mouvements de balanciers de bas en haut, emportant la chair dure en elle, la frottant différemment. Daphné connaissait cette présence, elle l'aimait tant, quand elle se remplissait de joies, de papillons d'émotions, de battements charnels, de tourbillons explosifs. Son corps la suivait dans ce relâchement, elle ne sentait plus que le jeu d'allers-retours, et elle dansait autour de cette queue, enlacée au fond d'elle.





Doucement John fît encore une chevauchée après une pause où ils les avait regardé tous les deux, sautant des courbes de Daphné à peine vêtue de lingerie fine, avec son collier de cuir, ses cheveux fins maintenant floutés par les assauts sexuels, vers Alex, enveloppé de sa tenue féminine, entre petite robe chic et leggings brillant, les talons. Tous les deux avec les yeux rayonnant de bonheur !

Il se releva, sexe droit, passant au-dessus d'eux, à quatre pattes. John apprécia la symétrie de leurs corps, passant de l'autre côté, regardant les yeux de Daphné, son sourire à la bouche pleine. Délicatement il retira le rosebud devant lui. Luisant des lumières de la pièce, avec son bijou jouant de ses reflets, un anus ouvert devant lui. 


John respira le parfum, Alex diffusait le même parfum que Daphné, il s'enfonça doucement, glissant dans ce bel orifice offert.

Il, elle, se cambra, au contact de son gland palpitant. Complétant ce trio de chair, de douceurs, de sensations, d'êtres totalement dans le désir de l'autre, pour un autre voie dans ce voyage voluptueux.


à suivre .....

Mr STEED

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