samedi 11 octobre 2014

Quelques courbes entre cuir et nylon

De cette pluie d'automne, John ne voyait que les gouttes sur ses fenêtres, loin dans ses mots, ses différents écrans. Il ne sortait plus beaucoup sauf pour quelques dîners de choix, avec des personnes qui avaient une vraie valeur d'amitié pour lui. Le champagne et les esprits libres, capables de disserter sur tous les sujets de ce monde, si possible avec humour et célérité, et beaucoup d'optimisme, ces seuls ingrédients suffisaient à le nourrir. 

Aujourd'hui encore il pleuvait, après une sieste dans la chaleur de son fauteuil club, il avait reçu de nouveau Carole, cette femme dont il ne connaissait encore que peu de choses, car leurs deux dernières rencontres avaient été ponctuées de silences ou de cris jouisseurs. De sa chair et de son corps, il avait pris le temps de savourer les lignes, de caresser la douceur et de visiter les lèvres offertes.

Par Mary, il avait appris plus sur elle. Une trentenaire qui faisait plus jeune encore, qui aimait être vue, qui appréciait énormément de se montrer, et mieux encore de s'exhiber. Dans un dîner entre épicuriens, Mary lui avait demandé non pas de servir en tenue légère, mais simplement de déambuler durant l'apéritif, nue ou presque, puis de poser là sur la table basse du salon. Non pour mimer le vulgaire, mais simplement pour jouir en partageant sa beauté, telle une sculpture vivante, un nu hyper réaliste. Elles avaient ensuite partagé des plaisirs plus intenses, mêlant l'excitation de celle qui s'offrait intégralement aux regards des invités, interrogatifs, curieux, parfois plus gourmands, souvent excités, mais s"ajoutant aux désirs de celle qui l'avait scruté, se délectant des courbes de ses fesses, de ses seins, de ses mains fines, de ses chevilles souples sur les talons hauts. Mary n'avait rien caché de ce bonheur, de ce duo au féminin.





Carole avait un plaisir, un bonheur fétichiste de s'afficher sans retenue dans une expression affirmée de son corps et de sa féminité. Et cela l'excitait, rendait humide sa vallée cachée sous ce string de fin voile, offert aux yeux de John. Il posait les yeux, écrivait, parfois croquait ses courbes sur un bloc de papier, d'un stylo fin. Dans la lumière d'automne, il saisissait cette allure molle sur le fauteuil club dont elle savourait la chaleur, son top en cuir répondant à celui du chesterfield.


Lanières de cuir, seins comprimés, épaules dénudées, elle avait laissé son manteau ailleurs, elle devenait l'objet de son plaisir personnel, dévoilant toujours un peu plus de son corps. Un rouge à lèvres noir, des ongles d'un violet presque noir, elle resplendissait, il jouait de ses mots, sans fin. Juste une pause, quelques photos, un nouveau hobby, une nouvelle façon de prolonger les moments délicats de sa vie d'esthète.


Sur ses jambes croisées sous elle, un tutu à multiples volants d'organza, de la volupté soyeuse en opposition à la matière charnelle et plus rigide, le cuir. Un contraste entre le buste et le reste de sa silhouette, elle posait, s'intéressant aux décors du lieu, mais surtout au regard, à la dimension interne de ce gourmet esthète en action, au retour tel un jugement en reflet sur sa beauté. 




D'un geste silencieux, il lui intima de se lever, de se montrer. Carole offrit alors les coutures de ses bas, la face arrière de son corps. A deux mains, le corps penché en avant, elle souleva doucement, les froufrous de tulle pour ne plus laisser que la vue possible sur ses fesses. Une culotte de de satin et de dentelle.

Le clavier résonna encore du cliquetis et de l'imagination en action. Puis le silence se fît plus présent, juste marqué par la pluie sur les vitres. Plus forte encore, plus intense. Carole attendait. John vint à elle, baissa cette lingerie à mi-cuisse, et là il la complimenta à voix haute ce fessier, ces lèvres, ces jambes. Les arrondis parfaits s'offraient à son regard, à ses mains, un autre sens. Il se baissa, observant les quelques gouttes sur les lèvres, elle adorait ce regard devenu mots. Encore, il insista, juste avant de lui parler en direct, sa bouche sur elle, un jeu de lèvres silencieuses, en harmonie de sensations.


Sur l'écran, il était écrit "... il s'enfonçait dans le tulle léger, en tenant ses épaules de cuir, jouissait avec elle".



Mr STEED



4 commentaires:

Hadrien des Ombres a dit…

chair, cuir et nylon, quelle belle trilogie

françoisedu80 a dit…

Tout est vibration et sensualité dans ce duo de cuir et tulle , pour exarcerber les sens et faire monter l'envie ...au creux des reins .

Baisers parfumés

Justine a dit…

Découvrant avec plaisir vos mots si bien mis en scène, je me délecte de ce texte mélangeant les matières et sensations.

François a dit…

Tout commence par des mots, tout finit par des mots... et entre les deux, votre savoir-faire nous enivre...
Amitiés.