lundi 13 août 2012

Blonde gourmandise

John avait dégusté tout autant qu'il était lui-même dégusté le bonheur de la bouche experte de cette jeune femme brune. Il n'avait pas échangé beaucoup avec elle, comme un ange, comme un nuage potentiel dans un ciel bleu d'été. Il avait fermé les yeux, imaginant des mots, rêvant de sensualité, souvent en associant des photos, des images vécues, des fantasmes plus forts.

Son imaginaire savait rester sage et parfois se libérer totalement.




Il avait aidé la jeune femme à remettre sa jolie robe de soie imprimée, réajustant au passage ses bas nylon, la tension des jarretelles, la bretelle de soutien-gorge. Quelques caresses qu'elle avait pris avec sourire. Elle remettait aussi son rouge à lèvres, satisfaite de son menu délicat. Elle avait choisi, pris, possédé cet homme quasi inconnu, juste décrit par une amie. Il avait dit "oui" à ce plaisir d'ange. Et encore plus à la dextérité variée et profonde de cette bouche. Des coups de langue très experte, un jeu de lèvres affolant, de dents subtiles, rien n'était hasard, juste désir.




Il avait repris position au soleil sur la terrasse, attendant de finir ses écrits, de les relire, de trouver un nouvel éditeur. Il prenait du temps, en perdait un temps, rien ne l'obligeait.  Lui dont l'agenda se résumait à un vide volontaire pour les prochains jours. La porte sonna à nouveau quelques heures plus tard.


Elle était là, blonde, grandement perchée sur plus de quinze centimètres de talons. Un instant avant d'ouvrir, il avait pensé à Emma, mais elle était en vacances, loin, probablement entre d'autres bras, d'autres cuisses bronzées. Une quadra, peut-être une quinqua, sûre d'elle, avec une tenue très classique, un tailleur chiné entre nude et beige. Elle se présenta comme une amie d'une relation, comme un cadeau de passage. John avait échangé durant les nuits récentes avec des amies, des amis, des couples, des relations 2.0 diverses, avec quelques libertins habitués à ses écrits. Il ne savait d'où elle semblait le connaître.




Elle avait un grand sac de marque, un autre sac à main et deux bouteilles de champagne emballées. 
"Elles sont fraîches, nous pourrions en consommer une première ensemble, et garder la seconde au frais."

John l'accompagna jusqu'au salon, une pièce ouverte sur le côté sud, sur la terrasse aussi, des larges fenêtres qu'il avait conservé dans la pénombre pour garder de la fraîcheur. Il alluma, lui proposa de l'attendre, le temps de revenir avec le champagne. 

Il était dans la cuisine, piochant dans un stock de verrines qu'il avait fait livrer juste pour lui, pour ne pas sortir et pour profiter de la gourmandise. Il entendait ses pas sur le parquet, ses talons fins qui devait suivre les murs, observant les tableaux, les livres. 


Il réapparut dans la salon, elle était proche d'une grande photo d'artiste, figurant la Cène en version uniquement féminine. Ses sacs reposait sur un des canapés, ses affaires aussi. Elle était uniquement vêtue d'un bustier de dentelle or, du porte-jarretelle assorti, d'un string , plutôt d'un semblant de micro-string et de ses bas dorés. Elle flânait dans son salon, il posa le seau de glace, de champagne sur une des trois tables basses.

"Je veux tout goûter de vous".




JohnSteed


4 commentaires:

Cassiopée a dit…

Quelle santé, mon cher Jonhn !!!
Bisous en pleines formes

JohnSteed a dit…

Un bon et beau remède pour retrouver la santé, pour une saine fatigue.

Partager, jouir de l'un et de l'autre, sans arrière-pensée, un libertinage peut-être, un plaisir simple, une gourmandise !

Isa a dit…

Pour l'instant, trois chapitres évoquent si sensuellement des instants pleins de plaisirs différents, hasards des visites reçues par John,hasards qui viennent troubler sa solitude ...mais loin de lui apporter des troubles, lui offrir des distractions dédiées au plaisir.
John entendra-t-il encore sonner à sa porte en cette journée ?

François a dit…

Nouvelle visite, nouveau trouble, nouveau plaisir... et toujours le raffinement si féminin pour fil conducteur... J'adore.
Bien à vous,
François.