mercredi 15 août 2012

Gourmande de plaisir

Cette femme semblait à l'aise, ici, les fesses à l'air, les jarretelles assumées sur ces rondeurs arrières. Les coutures des bas étaient parfaitement rectilignes et plus encore en harmonie avec ses jambes. Elles portaient le poids des années avec des cuisses un peu plus rondes et des muscles longs. Elles se finissaient avec de fines chevilles, et la finesse des mollets soulignait un port régulier, quasi quotidien de hauts-talons. 

Elle était resplendissante de féminité, et son allure de bourgeoise s'accompagnait d'un port de tête de la noblesse. Elle dégustait le décor, surprise apparemment par ce lieu si romantique, chargé d'histoire et surtout par son atmosphère trop féminin, pourtant juste tenu par un homme. Un étrange épicurien, plutôt surprenant, son amie l'avait prévenu.




"Une belle demeure, vous possédez de belles photos, de beaux tableaux, il ne manque que des sculptures !" ironisa-t-elle.

"Je les croise, je les choisis, mais jamais je ne deviens fidèle à leurs courbes, elles s'enfuient. Pourtant vous découvrirez que j'aime les courbes, les rondeurs en trois dimensions, la sensualité d'un marbre, la chaleur de leurs peaux figées par certains arts charnels, par l'art du libertinage. Je suis un esthète, du moins mes amies, me définissent ainsi."






"Je poserai suivant vos demandes, devant vos yeux. Mais sachez que cet art demande souvent les mains pour apprécier la finesse d'un arrondi, d'un creux, d'un délié." 
Elle accompagna ses mots d'une bascule sur un canapé, ouvrant ses jambes à John, le dos cambré et enfoncé dans les coussins.

"Considérez-moi comme un macaron pour vos bulles de champagne. Croquez-moi, susurrez-moi vos envies, profitez, prenez votre temps ou alors croquez, avalez, dévorez à votre rythme. La saveur sera toujours là."

Il pensait à ce parfum de vanille, de sucré qui la suivait partout. 






Il tendit deux doigts et sans aucune précaution, pour marquer sa présence, pour montrer qu'il avait compris l'invitation, qu'il était chez lui, il les enfonça en elle. Juste sous son minuscule ticket de poil, entre deux lèvres, il donna des allers-retours comme signature de ce contrat. Il ajouta son pouce, il le posa, en deux secondes sur le clitoris, sur ce renflement vivant, palpitant, humide. 

Son bouton roulait sous son doigt, en extérieur, mais aussi en intérieur, il ressentait son corps. Toujours aller plus loin que l'anatomie, oublié le décor, entré dans les battements et les vibrations de l'autre. Intensément, jusqu'à ses premiers halètements, ses premiers cris silencieux, ses premiers relâchements, toujours vers ses premières vibrations.



Elle s'abandonnait, aussi vite, jamais ce n'était arrivé. Elle qui s'ennuyait dans un mariage avec un mari occupé par son travail, ses responsabilités, ses obligations. Elle avait fait un beau mariage, elle avait abandonné ses études d'architecture, elle avait fait quatre enfants, quatre beaux enfants, deux fils, deux filles. Elle avait vu le temps passé, les habitudes venir, la routine s'imposer. Depuis quelques mois, entre expositions, lectures, visites entres amies et famille, elle avait ajouté la complicité avec une amie. De cette amitié devenue soyeuse, puis charnelle, elles avaient ouvert les chemins d'un libertinage détendu, d'une dégustation de macarons de sexe mâles. Un plaisir et non une drogue, encore moins un avilissement de son corps. Elle choisissait, elle jouissait, elle prenait le menu, elle testait de nouvelles saveurs, elle était consentante. Elle aimait ses doigts, sans aucun sentiment, elle profitait de cet homme, comme il profitait d'elle. Elle se donnait, elle recevait. Entre épicuriens !

JohnSteed

2 commentaires:

SarahMiller a dit…

Le plaisir vient en mangeant. Vous, aussi, êtes gourmand à ce que je lis

François a dit…

Les visites se suivent et ne se ressemblent pas tant que ça... seul le plaisir inonde encore et toujours vos mots... A déguster sans modération !
Bien à vous,
François.