samedi 16 février 2013

Actrice ès Bas Nylon

Elle était là, nue, les pieds sur ce plateau de métal froid, il prit le temps de faire le tour, intégralement de sa nudité. Plus il avançait, doucement, comme un chat, plus elle se redressait, fière, assumant encore plus sa féminité, ses seins, ses fesses, ses jambes. Elle replaça une mèche de cheveux, elle avait encore quelques bijoux sur elle, une manchette dorée qu'elle adorait.

John mémorisait, numérisait en trois dimensions les courbes de cette femme, il la sculptait en son fort intérieur, centimètre après centimètre.

Sa nudité était accessoire, son corps de femme s'exprimait à l'esthète. Quelle belle femme !

Il se tourna, revint vers elle avec un serre-taille en dentelle quasi transparente, avec six belles jarretelles soyeuses, brillantes avec leurs attaches de métal. Il le posa, en quelques secondes sur ses hanches, comme un coup de pinceau sur une toile. Elle n'avait rien senti, juste une caresse de plus sur ses fesses. Cet homme était intriguant, plutôt magicien que libertin, aucunement croqueur de fesses, plutôt dégustateur d'amuses-fesses. Elle rit face à ce caresseur avec les yeux, avec les mains très probablement. 



Il l'enveloppa dans un corset, d'un geste rapide sûr, il le tenait, accrochait les attaches sur son ventre, entre ses seins,délicatement. Puis il passa ses mains sous ses seins avec une infinie douceur, comme en apesanteur, il souleva la volupté, la chair de femme, cette sensuelle lourdeur remplie de soie, immensément douce en intérieur, en sensation, comme incroyablement sensible en extérieur. Il plaça ses seins dans le galbe du corset, pour ne pas la compresser hâtivement. Il caressa une fesse, il était derrière, et du haut, du bas, il resserrait le corset, les liens, doucement, très doucement, fermement aussi.

Jamais elle n'avait ressenti cette palpitation, ces palpitations pour ce bien-être, cette bulle où elle était soudainement choyer. Rien ne semblait préparer quand elle était arrivée, ou tout l'était, elle s'interrogeait. Il serrait un peu plus, ajustant au souffle de cette inconnue, de cette femme libre venue pour partager des plaisirs charnels avec lui. Si différent !



Elle sentit la fin du serrage, un main sur sa fesse gauche, et un voile fin, une étole de fine soie et cachemire sur ces épaules, comment sentait-il le possible froid qui la parcourait, comment la percevait-il aussi précisément, sans la connaître. Juste ce dîner, il y a des semaines. Un repas, une discussion souriante, animée, coquine et câline, il était différent et attractif. Le chaud enveloppa le haut de son corps, son cou, le dessus de sa gorge, ses bras, elle caressait le tissu avec ses mains.

Il lui sourit, passa sur le côté et d'un geste précis, elle était dans ses bras, envolée du métal froid, de ce repère dimensionnel, elle volait vers le canapé, vers une méridienne plus exactement.

Elle se posa dans le velours bordeaux, chaud, doux en allongeant ses jambes. John revenait déjà avec un plateau présentant d'une part des cannelés, d'autre part des pochettes de bas nylon. Un choix qu'il lui proposa de choisir.

Des bas nylon actuels, des dernières marques miraculeuses qui produisaient des diamants de quelques grammes en fin voile, mais aussi des pochettes anciennes. Un jeu de couleur allant du gris clair en passant par du chair très clair, très brillant, du noir, du rose, et d'autres teintes. Elle cherchait, croquant le cannelé. Il venait de poser ses chaussures sur la table, ses escarpins. 



Elle choisit des bas rouges, la couleur de son libertinage, de sa fantaisie, des précédents bas. Mais lorsqu'elle ouvrit la pochette plastique, elle comprit enfin cette sensation extrême. Les bas , véritablement en nylon cristal, étaient si fins, qu'ils coulaient entre ses doigts. Totalement fluides, ces bas étaient une seconde peau à étaler sur ses jambes, un liquide insoupçonné de sa part, une finesse inégalable.

Il prit l'un d'eux, souleva sa jambe, et en deux secondes il avait retroussé le bas pour lui glisser sur les orteils. En quelques secondes, d'un geste précis, il tira, poussa avec ses pouces, glissant sur sa peau, derrière le nylon, étirant le bas. Elle n'avait jamais ressenti cette sensation, ni avec un collant, même les plus fins, ni avec des bas jarretières, ni avec aucun accessoire de mode, pour cette douceur enveloppante, devenant charnel autour de sa cheville, de son mollet, de sa cuisse. 



Là d'ailleurs, il ajusta, en quelques tours de mains, les attaches des jarretelles, tendit celles-ci malgré sa position, ni trop peu, ni pas assez.

Il fît de même avec sa seconde jambe, avec ce second bas, avec cette sensuelle caresse qui maintenant l'enveloppait des orteils jusqu'aux cuisses. Les revers noirs, oui surprise, noirs sur le rouge, étaient doucement satinés, luisaient avant sa peau, avant son intimité toute proche. Il avait ajusté aussi ses talons sur ses jambes. Elle aimait cette douceur, cette séance d'habillage qui l'avait rendu plus féminine.

Elle comprenait ce jeu de déshabillage, cette tenue qu'elle avait déjà portée, qu'elle aimait, dont elle appréciait les touches rassurantes, mais elle comparait maintenant les sensations, démultipliées. Par la nouveauté peut-être, mais par cet art subtil des matières, de la noblesse des véritables bas nylon, de cette douceur exceptionnelle, et cette nouvelle explosion en elle de sensations tactiles. Elle voulait se lever, se voir dans le miroir. Il l'en empêcha. 


Il lui souleva les deux jambes d'un coup léger, sans résistance, elle bascula en arrière sur les coussins en soir de cette méridienne. Les fesses offertes, les jambes en chandelles, il tourbillonna autour d'elle pour glisser une culotte vaporeuse de dentelle rouge, comme une fumée, une vapeur.

Puis il l'aida à se mettre droite, les talons au sol, debout. Elle se vit enfin, nouvelle femme, un reflet, et ses mains à lui, celles de ce John qui ajustait une dernière fois les jarretelles, remontant sa culotte. Ses deux mains sur ses deux fesses.

Elle sourit.

...à suivre....

Le début de ses épisodes est ici : 



Mr Steed

15 commentaires:

Vertiginoso a dit…

Parce que la parure n'est jamais aussi sublimante que quand elle habille (ou donne l'illusion d'habiller) la nudité, § s'avère encore + électrisante dès qu'il s'agit d'orner § / ou d'entraver !

à Bientôt, Antoine

Anonyme a dit…

bonsoir Cher JohnSteed,
Une histoire pleine de sensations, de ressentis, de détails, comme j'apprécie. Vos mots sont si bien choisis.. dans l'attente de la suite, merci.
amicalement,
soumise mariposa

Calamity a dit…

Une suite comme un premier bas de nylon enfilé...
On a hâte de pouvoir mettre le second...

Bise délicate

Isa a dit…

J'ai attendu un peu avant de commenter ces textes. A suivre...avez vous précisé.

Une suite aussi charnellement voluptueuse que ces débuts, que votre style habille d'une sensualité totale et profonde.

Cher JohnSteed, vous captivez.

JohnSteed a dit…

@Vertiginoso : Au plaisir de vos lire !

@Soumise Mariposa : Les mots sont des leviers pour emmener vers les rêves, tel un orgue, un son, des sonorités pour vibrer de toutes les parties du corps.

@Calamity : John glisse de véritables bas nylon, pour lui donner ce goût irremplaçable de la douceur à fleur de peau. Avez vous testé cela ?

JohnSteed a dit…

@Isa : Vous êtes captivée, la suite devrait vous plaire, car elle gardera ses bas nylon, leurs douceurs, donnera ... chut ... à suivre

François a dit…

Tout de rouge... ses dentelles, ses envies, ses désirs... délices et vertiges...
Bien à vous, cher John,
François.

Lilly a dit…

Vous me faites vibrer!!!!!
Dans de vieux cartons entreposés dans le grenier de la maison de mes beaux-parents, j'ai retrouvé une pleine boîte de bas en soie! Ces parures extrêmement fragiles sont d'un contact particulièrement délicieux....
Bises à vous!

Coccinelle a dit…

Je découvre avec vous que l'habillage peut être aussi érotique que certains effeuillages. Se dénuder devant un homme pour mieux se faire rhabiller de nylon et de dentelles, quelle situation troublante ...

Noir Intense 35 a dit…

Dégustateur d'amuse-fesses...sourire
Me permettrez-vous de réutiliser cette expression qui me plaît beaucoup ?

JohnSteed a dit…

@François : Oui en rouge car elle venait la version rouge de la vulgarité, elle se retrouve en rouge sensualité


@Lilly : Voilà une belle réussite, enfin je réalise des vibrations à distance. Heureux de cet effet sur votre esprit, et plus encore si cela devient envie de votre corps.

Et pour des photos avec vos bas de soie, envoyez les pas email, j'adore cela !!!

JohnSteed a dit…

@Coccinelle : c'est un scénario qui déstabilise au début, mais devient un pur plaisir d'être l'objet central des désirs, des attentions, des caresses, des sensations, et d'être finalement soi-même dans une tenue offerte par un autre.

@Noir Intense : Prenez cette suggestion comme un cadeau, pour tous libertins, pour tous amoureux des mots soyeux.

Noir Intense 35 a dit…

Merci à vous

Lou a dit…

une journée de la femme avant l'heure !

JohnSteed a dit…

@Lou : un hommage à la liberté des femmes de disposer de leur sexualité, c'est ici chaque jour. John n'est que leur valet, leur sextoy qui donne du plaisir