mardi 12 février 2013

Metteur en scène ès Bas Nylon

Le temps de l'hiver givrait les vitres du matin, puis coulait de mille gouttes ensuite, avec ce froid toujours présent. John venait de perdre un contrat, et tout le temps qu'il y avait consacré. Il retournait dans ces  moments-là dans son bureau, dans son cocon, non pour ruminer, mais pour expulser les toxines de ce monde financier, sans âme et encore moins sans valeurs. Il avait lu toute la nuit, relâchant ses muscles sur son grand fauteuil club, s'enfonçant dans le cuir, s'enveloppant d'une fine couverture de laine des Andes, somnolant puis sombrant.



Ce matin, il était derrière ses écrans, derrière ses claviers pour écrire, après l'afflux de mots des autres, il se devait de nourrir les réponses aux emails reçus depuis hier, de rédiger des articles pour les blogs auxquels il participait, enfin il reprenait les chapitres de son livre. Un roman, un synopsis sous forme de feuilles sur un coin du bureau, une pochette pour tout regrouper : les étapes, les rebondissements, les lieux et leurs descriptifs, les menus, l'appartement de l’héroine,  les habits des uns, les tenues des autres, les moindres détails pour enrichir ses phrases, ses pages les unes après les autres. 

Elle avait téléphoné, il avait répondu. On l'appelait pour des scénarios, érotiques et sensuels, comme on appelait un cuisinier freelance pour un repas à la maison, avec les petits plats dans les grands. Elle confirmait sa venue, pour la fin d'après-midi, rappelait son arrivée, demandait encore quelques informations.



Il se souvenait de ce repas en province avec ce couple, un soir, un restaurant tranquille, doucement gastronomique avec une épaule d'agneau désossée et cuite durant douze heures à tout petit feu, confite dans ses sucs et les parfums de romarin, du vrai et soyeux slow-food.

Il se souvenait de leur présence assurée, trop même, pour ne pas faire débutant, et de leurs questions innocentes pour de vrais épicuriens, pour des libertins assumés. Il avait répondu, presque défendu son curriculum vitae, jonglant entre les détails de soirées voluptueuses. Offrant des étincelles pour démarrer des feux dans les couples, dans leurs jeux complices, jouant de précisions sans trop en faire, pour ré-expliquer encore que le feeling ferait l'ambiance, que trop de préparation, de planification transformait ses instants là non plus en rebondissements sensuels mais en projet millimétré.



Il leur parla de laisser-aller, de bien-être, de rêverie, de prendre son temps, de vivre un véritable slow-sex, naturel ou agrémenté de bas nylon. Ils se relâchèrent après la seconde bouteille de vin, exprimèrent leurs envies réelles.

Ils lui proposèrent après le dessert, une balade dans la ville, dans les coins et recoins, pour exhiber le corps de madame. Elle semblait heureuse de cette situation, fière de sa féminité, de ses courbes qui avaient traversées le temps, les décennies. Elle commença à enlever son manteau, et suivant les alcôves de rues non éclairées, les porte-cochères et d'autres jardinets municipaux, elle enleva son chemisier, son foulard, dévoilant ses seins, son corset underbust, puis sa jupe. Elle marchait ainsi en porte-jarretelles avec des bas rouges dont elle rêvait me dit-elle. Talons sur asphalte, elle finit seins nus, sous son manteau, rafraîchie par la nuit, échauffée par les yeux sur elle.



John les avait quitté quelques semaines plus tôt dans ce dernier regard, vers elle qui ouvrait son long manteau, pour montrer sa silhouette gourmande, charnelle, gorgée d'envie.


Elle serait là, seule, dans quelques heures. Avec des bas rouges, lui avait-elle répété, les mêmes que la dernière fois, pour elle, pour lui.


...à suivre....


JohnSteed

8 commentaires:

Lilly a dit…

Je revois les bas de ma mère!!!!!!

johnsteed a dit…

J'espère que c'est un souvenir positif, soyeux et émotionnellement féminin

François a dit…

La suite promet certainement d'enivrantes douceurs...
Bien à vous,
François.

Noir Intense 35 a dit…

Très jolies photographies sur votre blog, élégance et sensualité...
Félicitation

Ludie a dit…

Je ne sais plus trop que dire?
Subjuguée!

JohnSteed a dit…

@François : cette histoire est à multiples épisodes, pour préserver les palpitations des lecteurs sauf si il y a un cardiologue parmi eux ;-)))


@Noir Intense : Les douceurs seront là car John aime tant donner du plaisirs, répondre aux demandes de ses dames, et parfois aller un peu plus loin.

@Ludie : Subjuguée, oh, je suis confus, prenez un siège, assistez avec vos envies à cette ambiance douce ... profitez-en

Lou a dit…

des bas rouges ? oui mais tout dépend lesquels !

JohnSteed a dit…

@Lou : c'est bien pour cela que John lui a retiré ces bas nylon rouges, des résilles, des bas ordinaires pour lui remplacer par ... des bas rouges, de véritables bas nylon couture, Fully Fashioned, une douceur et une féminité réelle